Carnet De Bord d'Un Steward Devenu Hôtesse de l'Air

28 janvier 2012

"Carnet de Bord".

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Je reste disponible pour répondre à toutes vos questions à l'adresse courriel suivante :

 

mon.blog@laposte.net

 

 Votre anonymat sera respecté.

 

ATENTION : tous messages déplacés ou faisant allusion à mon employeur resteront sans réponse.

Les menaces de mort, les insultes pourront faire l'objet de poursuites.

 

 

A L'ATTENTION DES MEDIAS (PRESSE, RADIO, TELE) : je suis désolée, mais je ne donne plus aucune interview et ne souhaite plus être contactée pour ces raisons. Merci de respecter ce choix.

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27 janvier 2012

Comment vous dire "Adieu" ?

Je ne peux me résoudre à vous dire "adieu". Toutes ces années passées à partager avec vous des moments heureux ou plus ou moins difficiles ; et puis dernièrement, tous vos messages de soutien, de remerciements, de sollicitations aussi afin que je poursuive mes écrits. Je n'ai qu'à demi conscience de l'impact que ce blog peut avoir sur certaines/s d'entre vous. Une page ouverte sur "notre" monde, des réponses à vos questions, et parfois une aide morale lorsque plus rien ne semble aller. Parfois, lorsque l'on devient un personnage "public", ayant eu une notoriété, aussi petite soit elle, dans un milieu aussi clos que celui que nous partageons, devient comme une "référence" pour celles et ceux qui vous lisent. J'en suis flattée, même si parfois j'aurais voulu baisser les bras, mais pour vous, je ne le peux pas. J'ai commencé un combat, celui d'une vie, et il est aussi devenu le vôtre. Ce serait vous mentir en vous disant que lorsque j'avais pris la décision de ne plus dialoguer avec vous, c'est parce que plus rien ne me semblait important au point de ne plus le partager sur ces pages. Il n'en était rien. Cinq années ce sont écoulées ; mes écrits se faisant rares et épisodiques ; anecdotiques parfois au point que j'aurais pu devenir "barbante" et sans intérêts. Mais ces cinq années m'ont faite grandir et mûrir, parfois bien malgré moi. Je suis tombée dans la -dure- réalité de ma vie de femme quadra, confrontée à des situations que ne ne m'étais pas préparée à affronter. Force est de constater que tout cela s'est soldé par un échec ! Tous mes rêves de petite fille n'étaient qu'un leurre et je l'ai appris bien malgré moi. D'autres s'en sont chargés pour moi. Tu ne seras JAMAIS une femme, Andréa. Même mariée, installé dans ta jolie vie, tu ne seras jamais celle dont tu donnes l'image. Ton passé te suit et il te saute aux yeux au moment où tu t'y attends le moins. Je conversais dernièrement avec une femme de loi. C'est quoi ma vie sinon une suite de procès ? 

  • 1973 : mort de mes parents, mise sous tutelle ;
  • 1983 : émancipation , mes tuteurs me mettent à la rue ;
  • 2001 : changement d'identité, Tribunal des Affaires Familiales pour obtenir mes papiers ;
  • 2001/2012 : je ne compte plus les dépôts de plainte pour "harcèlement", "menaces de mort", "violences" de tous types... et les délires de "Mme B."...

Et tout ça pour quoi ? Un divorce en 2012. Les Mayas ont tort. 2012 cela l'année du renouveau et non pas l'année de la "fin". J'ai entamé un long et difficile travail sur moi-même à l'aide d'un médecin psychiatre. J'en avais besoin car il y avait tant de questions restées sans réponse. Obtient-on jamais des réponses à ses questions existentielles. D'autres personnes plus avisées comme mon ami Axel m'ont permis de prendre conscience de la difficile réalité des personnes "de notre condition". Qui pourrait faire abstraction d'un passé qui, quoi que nous fassions, est notre et fait partie intégrante de notre nouvelle vie. La scission "avant/après" n'est pas envisageable. Même si nous le souhaitons ardemment ; je n'en ai pris conscience que trop tardivement. Déjà parce que comme me le faisait remarquer mon amie Camille Cabral, cette opération de réassignation sexuelle n'est en aucun cas LA réponse à toutes nos questions existentielles ; et puis il y a la dure réalité qui vous saute au visage au moment où vous vous y attendez le moins. Le soir de mon mariage par exemple lorsqu'un convive, très délicat a lâché, comme si pour lui cela semblait tellement naturel : "à la voir, on a du mal à s'imaginer que c'était un homme"...Mon mari a été un homme exemplaire dans sa manière de faire face à ce genre de situation ; mais force est de constater que, quoi qu'il se soit passé dans notre vie de couple, ces situations auront eu raison de notre Amour et de notre union. Nous vivons dans un pays où hélàs, ce qui se passe chez le voisin est bien plus intéressant que sa propre vie. Je me suis exilée dans un village rural de Seine-et-Marne, quelle mauvaise idée ! L'anonymat de la capitale est bien plus enviable qu'une vie "au vert" dans une grande maison avec jardin et piscine, même en compagnie de l'être aimé. L'exil me semble la meilleure façon de laisser ce passé derrière soi. Mais encore faut-il en avoir les moyens... ou se les donner ! 

Quoi que vous fassiez, vous resterez toujours une personne de "second plan". Exceller dans votre travail, vous n'en serez jamais remerciée ; on vous demandera toujours plus comme si vous deviez justifier de votre droit à avoir un travail, un salaire, un parcours professionnel auquel, et c'est acté dès le départ, vous n'aurez pas accès. Certaines de mes amis transsexuelles ont cessé de croire qu'elles ont une place dans notre société ; cela m'attriste parce que j'y crois encore, moi. Et je voudrais que chacune/un d'entre nous puisse croire que nous avons notre place, comme acteur de notre -nouvelle- vie, et non comme spectateur impuissant devant un spectable qui peut sembler bien triste. 

Je ne veux pas baisser les bras. Pour vous. En ce qui me concerne, je regarde plutôt derrière moi et je ne peux que faire des constats. Mais je veux parler de celles et ceux qui sont dans le devenir de leur transformation et qui vont devoir faire face à la vie qu'elles/ils ont choisi. Le plus important me semble être de se préserver soi des nombreuses attaques auxquelle nous devons faire face ; des faux-semblants ; de votre voisin de palier qui vous fuit comme si vous portiez la lèpre ! Même lorsque vous voudrez faire valoir vos droits, faire appel à ceux qui représentent la loi (j'en ai fait les frais avec la gendarmerie de mon village), vous serez toujours vue comme "quelque chose" de dérangeant, qui met "mal à l'aise". Même si vous êtes tentée de baisser les bras, ne le faites pas. Nous avons des droits, nous sommes des citoyens à part entière, le fisc se rappelle à nous même si nous sommes "ruinées/és" par des interventions honoreuses et des frais de justice que nous acquittons pour avoir le droit d'exister ! 

Alors soyons fières/s d'exister et d'être allées/s au bout de nos convictions. Qui aujourd'hui peut y prétendre ?

 

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26 janvier 2012

The End.

adieuCombien d'années se sont écoulées depuis mes premiers écrits ? Je ne le sais plus moi-même alors qu'il me suffirait de relire mes premiers posts. Mais de même que je ne retourne jamais sur mon passé, je ne relis que rarement -voire jamais- ce que j'ai écrit. Alors bien moins lorsque ces moments ont pu être douloureux ; ou pis encore lorsqu'ils ont pu se retourner contre moi. N'est-ce pas Mme B ? A l'aube de mes 46 ans, après onze années de militantisme, de combat, d'avocats en tribunaux, j'ai décidé de vivre égoïstement et de penser, enfin, un peu à moi, à ma vie. "Si on ne construit rien sur des regrets, on bâtit sur des résolultions" me disait dernièrement un ami. Je n'ai aucuns regrets, si ce n'est d'être passée parfois aux côtés de personnes magnifiques et de les avoir ignorées... Quant aux résolutions, je ne me les pose jamais en début d'année comme des ultimatums ou des buts à atteindre les 365 prochains jours. Ma vie est une remise en question permanente. Je ne laisse que peu de place à l'improvisation, parce que je n'ai plus de temps à perdre et qu'il faut que je goûte à pleine bouche ces instants merveilleus à venir, du moins ceux qu'il me reste à vivre. Le temps passe, tic tac, tic tac, la cinquantaine n'est pas loin, et à cet âge, il n'y a pas de place pour l'improvisation.

Ma vie professionnelle est un échec total, au même titre que ma vie sentimentale ! Mais ma VIE, quelle réussite. Je vis chaque instant comme si c'était le dernier, comme lorsqu'après un long plongeon on remonte à la surface en reprenant son souffle : quelle sensation. J'ai connu des personnes formidables, mais j'ai aussi rencontré le Diable et ses apôtres ! J'ai aimé des personnes qui ne le méritaient pas ; donné mon amour à des personnes qui ne m'ont rien donné que du mépris et de la haine en retour. Je ne regrette rien. Si ce n'est le mal que je me suis faite moi-même en pensant que peut-être je pourrais recevoir de l'amour ou de l'affection en retour. Quelle sotte !  Bientôt je serai trop vieille et il sera bien temps de me pencher sur ce passée. "Combien de vie avez vous eu Andréa" me demandait-on dernièrement : trois ? Alors disons que j'entame la quatrième. S'il y en a effectivement 7, je veux bien faire l'impasse sur les trois autres. Je suis fatiguée ! Mes nuits sont agitées de ce passé tellement chargé. Le présent est un délice. Je suis enfin libérée. Comment expliquer cela ? Je ne le saurais pas moi-même ; cela vient surtout des autres qui me le disent. Comme si, durant quelques années, j'avais mis cette vie entre parenthèse pour ne m'occuper que des autres. La mort de mon ami Olivier et de ma collègue Sidonie l'été passé m'ont beaucoup donné à réfléchir sur la dure réalité de cette vie, de sa fragilité surtout... Comme si je n'avais pas assimilé la mort de mes parents, celle de mes tuteurs, puis celle de ceux qui me sont proches et qui, comme moi, vieillissent ou tombent malades. J'ai échappé à la mort. Quelqu'un pense que j'aurais mieux fait de mourir avec mes parents ; que je serais mieux morte que vivante (permettez-moi de taire son nom, il se reconnaîtra !). 

Je dirais que de ma première vie, il ne me reste qu'un pierre tombale sur laquelle me recueillir ; de la seconde, des souvenirs à n'en plus finir : des Amitiés fortes, des Amours intenses, des espoirs -parfois tués dans l'oeuf- mais je n'en garde que le meilleur. Aujourd'hui une nouvelle vie s'offre à moi ; avec de nouveaux projets, un quotidien à reconstruire, de nouvelles terres à conquérir, des Amitiés à faire fructifier. C'est un nouveau départ. Je me souviens de moi enfant, qui aurait pu imaginer qu'un jour ma vie aurait été si riche et si remplie ? "Tu n'a vraiment pas de chance" ne cessait de clamer ma tutrice. Je n'oublierai jamais que ma vie n'a été faite que de compromis faits sur la vie. De projets sans cesse repoussés ; de désillusions -beaucoup- aussi ! Et pourtant je suis toujours là, debout, et je ne cesserai jamais de clamer que c'est ma plus grande fierté. Qui peut se prévaloir aujourd'hui d'être allé au bout de ses convictions ?

Vous me manquerez. Mais je ne cesserai jamais d'écrire, car écrire aura été la plus belle chose que j'aurais faite de ma vie : écrire m'a maintenue en vie ! Ecrire a donné de l'espoir à des milliers de personnes qui m'ont lue, qui se sont reconnues et qui ont eu envie de poursuivre le combat et de ne jamais baisser les bras. Il ne faut jamais s'avouer vaincue, jamais. "Mieux que rien n'est pas assez" m'écrivait dernièrement mon amie Galia. A méditer ! Je finirai par ces quelques lignes d'un texte de Brel. Il vous en dira bien plus que je ne pourrais encore écrire. Merci à toutes et tous pour vos messages, vos courriers,  vos marques d'Amitié, vos commentaires durant toutes ces années ; merci à celles et ceux qui sont venus me saluer dans la rue, dans l'avion. Merci à ceux qui m'ont jeté la pierre, qui m'ont insutlée, humiliée, souhaité morte, craché dessus : ils m'ont aidé à grandir !

"Je vous souhaite des rêves, à n'en plus finir ; et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns. Je vous souhaite d'aimer ce qu'il faut aimer, et d'oublier ce qu'il faut oublier. Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences. Je vous souhaite de résister à l'enlisement à l'indifférence... aux vertus négatives de notre époque. Je vous souhait surtout d'être VOUS". Jacques Brel.

Je vous aime et je vous embrasse.

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25 octobre 2011

Quelque Chose Dans Mon Coeur.

parents_de_louJe prenais connaissance dernièrement d'un commentaire qui m'avait été adressé sur ce blog par une lectrice : "je n'envie pas votre vie". Et je serais tentée de lui répondre que, fort probablement, je n'envierai pas la sienne ! Mais on ne peut pas empêcher les gens de s'exprimer, et encore moi lorsque, comme moi, on a été tant médiatisée et qu'on l'est encore, malgré soi parfois. Non, je suis d'accord, ma vie n'est pas "enviable" ; même si, pour beaucoup de personnes suivant un parcours transsexuel, je suis devenue un modèle de réussite personnelle et sociale. Une transsexuelle hôtesse de l'air, qui plus est dans la compagnie aérienne nationale ! Mais ce n'est pas le sujet de mon propos aujourd'hui. Suite à une malheureuse mésaventure (je viens d'être victime d'une escroquerie au garde meuble), on vient de me "voler ma vie". Mes affaires personnelles qui partaient en garde meuble ont disparu ! C'est peu commun, et je comprends encore plus que ma lectrice qui prendra connaissance de ce post, m'envie encore moins ! Disparues, 45 années de ma vie : albums photos, peluches, souvenirs en tous genres. Oh, un service de table se rachète, des housses de couette aussi, des coussins déco, des lampadaires... mais les souvenirs entreposés dans des cartons de déménagement, mon faire-part de naissance, mon "nounous" et son odeur de l'enfance : envolés. Et croyez-moi ou non, faire reconnaître une escroquerie comme celle-ci auprès de notre justice prend des allures de parcours du combattant ! Je peux dire que j'ai eu 3 vies -il m'en reste donc 4 à vivre- et je dois dire que je m'arrêterai bien à celle-ci ! Quatre de plus seraient de trop, si, si, non merci !!!! Il y eu ma petite enfance, jusque l'adolescence, puis Bruno, puis Andréa. Mais ces trois vies étaient toutes réunies dans mes cartons, et j'avais pris soin de tout bien ranger, pour les retrouver un jour, dans un nouveau lieu, dans une nouvelle vie. Il n'en sera rien donc. Je ne peux me raccrocher qu'à mes souvenirs, avant qu'Alzheimer ne les rattrape. Je ne suis pas fan de haute technologie : "tu n'avais pas scanné des photos ?" m'a dit un ami... non, d'abord parce que je ne sais pas le faire, et puis parce que je n'en voyais pas l'intérêt. Dans la disparition de mes parents en 1973, si je devais énumérer des choses qui me manquent, je dirai 1°- la voix de ma maman ainsi que celle de mon papa ; 2°- l'odeur du parfum de ma mère ; ne me restaient donc que les albums de mariage, les photos de mon baptême (oui, j'ai été baptisée, mais j'ai fait acte d'apostasie en 2002) que je regardais de temps à autre lorsque l'absence de mes parents se faisait trop sentir. Aujourd'hui je n'ai plus cette opportunité. Ne me restent que quelques photos, parce que mal rangées, et ces souvenirs que j'ai engrangés tout au long de ces 46 années. Si l'on devait me rendre une seule chose, je dirai que mon ours en peluche, appelé "nounours", est la pièce majeure de cette perte. Il m'avait accompagnée tout au long de ces 46 années. Il avait défié le temps. Il portait un pull grossier rouge et un pantalon bleu, tous deux tricotés par ma grand-mère maternelle. Il était allé à la "clinique de l'ours", ses yeux avaient été recousus, et sa petite langue rouge aussi. Il avait cette odeur tellement spéciale qui me replongeait dans mon enfance. En 1973, il avait été lui aussi rescapé de l'accident de voiture au cours duquel mes parents avaient perdu la vie. Un mois d'hôpital, et nounours était là, à mon chevet ; un pansement sur mon petit corps, nounous avait le même. Cela peut prêter à sourire, mais cela m'a aidé à guérir de mes multiples blessures. Il avait une place de choix, sur mon lit (jusqu'à ce que Djohnson -mon compagnon a 4 pattes- n'arrive dans ma vie et qu'il lui vienne l'envie de le dépieuter...). Nounours, c'était le compagnon d'une vie. J'espère qu'il fera un heureux, là où qu'il soit, dans un pays de l'Est fort probablement. Ne vous ai-je jamais parlé de la mort de mes parents le 31 mai 1973 ? Si, à plusieurs reprises déjà. Il y a des choses que l'on ne peut oublier, mais si on les a bien rangées dans des cartons : les circonstances d'un décès, les plaies qui ont causé la mort. Non pas parce que je les aies lues, mais parce que je les aies vues ! et ça, croyez moi ou non, on ne peut l'effacer de sa mémoire. Quatre années de psychanalyse à l'hôpital Sainte Anne (n'oubliez-pas que la transsexualité n'est plus considérée comme une maladie psychiatre depuis deux ans environ, merci Roselyne !) n'auront pas eu raison de ces souvenirs peu plaisants. Deux corps sans vie dans une carlingue de voiture, un dernier souffle, celui de ma maman puis plus rien, une chambre d'hôpital et une pierre tombale sur laquelle me recueillir pour le reste de ma vie, seule. Au fil des années, les quelques personnes qui vous raccrochaient à vos chers disparus deviennent d'autres "chers disparus" : ma grand-mère maternelle, puis mon grand-père maternel ; mes grands-parents paternels et pour finir mon oncle, le frère de ma maman. SEULE et sans cartons à souvenirs ! Je suis la femme sans passé... Je suis celle qui laissera derrière elle une autobiographie, une jurisprudence mais surtout de l'espoir pour ces milliers de personne qui se posent la question de savoir qui ils/elles sont réellement et trouveront une réponse au travers de mon parcours. "(...)elle est à vie la porte parole des filles réassignées avec la jurisprudence Andréa .....(...)" pouvais-je lire dernièrement sur un forum communautaire. Cela m'a beaucoup touchée. Si je ne dois laisser que cela, j'en suis très fière ! Haro sur les cartons, les verres à pieds, les plaids moelleux, les double-rideaux épais ! L'essentiel est ailleurs, là, au fond de moi et ça on ne me l'enlèvera pas.

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15 septembre 2011

La mort vous va si bien.

023066L'automne vient doucement nous faire oublier les chaudes journées d'un été qui est passé comme un éclair dans le ciel de nos vies. Mon ciel à moi compte deux nouvelles âmes, hélas. Juillet a été endeuillé par la disparition subite de mon ami Olivier, et août par le départ tragique de ma collègue Sidonie, retrouvée morte dans sa chambre d'hôtel. Quel choc. Ce fût aussi l'occasion pour moi d'une remise en question sur le sens que l'on donne à sa vie, sur ce que les autres vous renvoient de vous, sur la vie, en général. Olivier est parti faire un jogging, il n'en est jamais revenu. Crise cardiaque, foudroyante. Lorsque lors de ses obsèques je me suis recueillie sur son cercueil, sa date de naissance m'a interpellée : nous avions un an de différence. Il est parti à 44 ans, en laissant son épouse et sa petite fille de 5 ans. J'ai retrouvé lors de ses obsèques nombre de mes collègues que je n'avais pas revu depuis mon changement d'identité. Certains sont venus me saluer dans ma douleur, d'autres m'ont ignorée -ou peut-être pas reconnue !- quoiqu'il en soit, nous étions tous réunis, là, autour d'un cercueil, et notre douleur était la même. J'ai repensé à tous ces enterrements qui ont jalonné ma vie. Depuis la mort de mes parents en 1973, s'en sont suivis un grand nombre de cérémonies identiques à celle où je me trouvais pour rendre un dernier hommage à Olivier. Je n'ose pas les compter. Olivier était le grand frère qui m'avait manqué ; toujours présent, même si depuis quelques années nous nous étions perdu de vue. On ne peut pas effacer les souvenirs du vécu que nous avons eu avec une personne et la mort ne peut pas nous enlever ces merveilleux moments passés ensemble. Lors de ses obsèques, un magnifique texte d'après Charles Péguy (d'après Saint Augustin) nous a été lu, je souhaite vous le faire partager :

La mort n'est rien,

je suis seulement passé, dans la pièce à côté.

 

Je suis moi. Vous êtes vous.

Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.

 

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné,

parlez-moi comme vous l'avez toujours fait.

N'employez pas un ton différent,

ne prenez pas un air solennel ou triste.

Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.

 

Priez, souriez,

pensez à moi,

priez pour moi.

 

Que mon nom soit prononcé à la maison

comme il l'a toujours été,

sans emphase d'aucune sorte,

sans une trace d'ombre.

 

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été.

Le fil n'est pas coupé.

Pourquoi serais-je hors de vos pensées,

simplement parce que je suis hors de votre vue ?

Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.

 

Certes, tu ne seras jamais loin... dans nos pensées, mais comment retrouver le son de ta voix, ton rire, tes silences, ton odeur, tes tapes sur le dos comme pour nous encourager à poursuivre. On ne peut s'empêcher de penser : "à qui le tour" ? et quelques semaines plus tard, Sidonie nous quitte. Suicidée dans sa chambre d'hôtel à Bangkok. Comment peut-on en arriver à se donner la mort ? 90% des tentatives de suicides sont des "appels au secours" et les 10% restant ? Peut-on à ce point ne plus pouvoir supporter la vie pour y mettre une fin ? Olivier a fait une crise cardiaque ; Sidonie s'est suicidée : le résultat est le même, deux être qui vous sont chères disparaissent coup sur coup. Par respect je resterai discrète sur les raisons qui ont amené Sidonie à mettre fin à ses jours. Mais je crois pouvoir la comprendre. Lorsqu'en 2001 j'ai choisi d'effectuer mon changement d'identité, je pense que j'ai en quelque sorte fait disparaître Bruno. Je pense parfois à lui, comme s'il était totalement étranger à Andréa. Il a eu sa vie, j'ai la mienne. Est-ce une forme de "mort" au sens propre du terme ? Bruno a t'il disparu pour mieux laisser Andréa s'épanouir ? Bruno n'aurait pas survécu au traumatisme de sa vie. Andréa, telle le Condor, l'a fait renaître de ses cendres. Quelle jolie métaphore ! Il ne reste plus rien de Bruno que ce que les autres veulent bien se souvenir. Andréa n'y pense jamais, c'est comme si mon cerveau avait effectué un tri minutieux de ce qu'il pouvait conserver et occulter. L'être humain est une technologie tellement avancée ! N'en reste pas moins que l'émotion, les sentiments, certains souvenirs subsistent. Peut-êter aussi le fait d'un travail que j'ai fait sur moi-même ces quinze dernières années ? Je ne trouve pas les mots pour l'exprimer ! 

Olivier, de battre ton coeur s'est arrêté ; Sidonie, tu as tiré ta révérence et le rideau est tombé sur la scène de ta vie. De vous deux me restent des souvenirs merveilleux et une place bien au chaud dans mon coeur. Je ne vous oublierai jamais. Puissiez-vous reposer en paix.

 

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19 avril 2011

Friennemies.

carrie1"Friennemies" est la contraction de "friend", "ami" et "ennemies", "ennemies". Ce terme est employé par Carrie Bradshaw dans un épisode de Sex & The City et je me suis donc appropriée celui-ci. Ceci m'amène donc à vous raconter la mésaventure d'une amie, très proche, qui a vu sa vie basculer du jour au lendemain à cause de son "friennemie". Nous sommes toutes deux dans la même situation biologique, entendez "homme devenu femme" pour les personnes qui nous lisent pour la première fois. Elle a subi sa chirurgie de réassignation sexuelle juste deux ans avant moi. Sa vie est un grand paradoxe, elle m'étonnera toujours. Appelons là Léa* lors de ce récit. Après des années d'errance, elle trouve son équilibre auprès d'un charmant garçon, de quelques années son cadet. La mode est aux femmes cougar, elle est en plein dedans. Léa qui a fréquenté le milieu de la nuit, a fait de multiples rencontres improbables et sans lendemain, fait la connaissance de Thierry*. Joli garçon, sans prétention, employé dans une grande entreprise française. Il vit paisiblement en grande banlieue depuis son divorce. Léa, qui n'en est pas à sa première expérience décide de prendre le temps. A l'aube de ses 40 ans, elle ne peut plus se tromper et veut entamer cette nouvelle relation en mettant de son côté toutes les chances de voire celle-ci aboutir... au long terme. Six mois auront eu raison de son enthousiasme ! Convaincue, elle quitte Paris -elle qui est une parisienne née- pour aller s'installer en grande banlieue. La première année est difficile pour elle. Elle découvre la joie des centres commerciaux, les dimanches à regarder des DVD au lit dans les bras de son nouvel amour. Ses amis proches s'éloignent petit à petit, dans tous les sens du terme : "nous, quitter le XXè arrondissement ? ; on ne se déplace que pour prendre un avion à CDG ; la banlieue, on connaît pas"... D'autres amis resteront, mais se feront plus rares ; quant aux autres, ils ne donneront plus de nouvelles, ou des mauvaises ! Elle garde cependant contact avec son meilleur ami, Stéphane*. Une amitié sans faille, que rien ni personne ne pourra venir perturber. Du moins, c'est ce qu'elle croyait. Sa famille quand à elle l'a abandonnée depuis bien longtemps en raison de son choix de vie. La famille de son compagnon, Thierry, semble plus "ouverte" et elle découvre, petit à petit, les joies d'une vraie famille. Evidemment, leur couple ne fait pas l'unanimité. Thierry se voit interdire quelques réunions familiales où son "travelo" n'est pas le bienvenu. Mais, venant de certains membres de sa famille, cela ne l'inquiète pas outre mesure et il préfère donc faire l'impasse sur ces personnes qui ne souhaitent pas accepter son choix de vivre avec une personne "différente". Et la vie s'écoule, ils roucoulent, chantent et déchantent. Les foules se déchainent autour d'eux, ils essuient un procès, celui d'une ex-femme jalouse et sans vergogne qui n'hésite pas à les poursuivre devant les tribunaux sous des prétextes fallacieux. Finalement, quelques années plus tard, justice leur sera rendue et la pétasse sera sommée de fermer sa gueule et de les laisser vivre en paix. Elle aura tout de même semé la zizanie au sein de leur couple. Stéphane, qui traverses plus des bas que des hauts, est pourtant toujours là. Thierry et lui sont devenus de grands amis. Il est aussi devenu un ami de la famille. Il appelle "belle-maman" de temps à autres, participe aux réunions de famille etc... Léa ne voit rien venir. Et pourtant, l'orage n'est pas loin. Fin 2010, son couple, fragilisé par Mme Pétasse, et autres membres de sa belle famille, perd pieds et sombre dans une grande dépression. Thierry est là, solide comme un roc. Il jongle entre ses sentiments pour Léa, qu'il a épousé 18 mois auparavant, et sa famille qui le tiraille, le somme, de quitter cette "créature" pour revenir à la "normalité. Acculé par tant d'empressement, Thierry perd pied et commet l'irréparable selon Léa. Nous ne rentrerons pas dans les détails scabreux de cet épisode de leur vie, mais elle en ressort encore plus fragilisée et au bord du gouffre. Léa prend une décision qui sonne comme le glas : divorcer. Recouvrer sa liberté, fuir Mme Pétasse et "belle-maman" (qui le jour de son mariage -et j'en suis témoin- lui a murmuré à l'oreille qu'elle "aurait préféré mieux pour son fils") et toute la sainte famille. Elle compte sur son meilleur ami ; celui-ci se dérobe et rejoint la cause de Thierry et de sa famille. Pire encore, pour mieux se débarrasser d'elle, il décide de jouer sur la sensibilité de la pauvre Léa pour la faire interner en hôpital psychiatrique. Il a une longueur d'avance puisqu'il évolue dans le milieu hospitalier et qu'il connaît bien son business. Léa est acculée. Elle n'a pas d'autre solution que la fuite. Elle s'installe quelques temps dans une résidence hôtelière avec son chat. Thierry semble détruit par cette situation qu'il n'a pas souhaité. Léa ne peut pas vivre sans son mari, malgré cet entourage hostile, elle croit encore à son couple. Pendant ce temps, Stéphane semble s'être substitué à Léa. Il évolue dans leur propriété comme s'il était la nouvelle maîtresse de maison et se joue bien du malheur de la pauvre Léa qui peine à régler es 900 Euros de loyer mensuel pour son 52m2 alors qu'elle partage avec Thierry une superbe demeure de 5 pièces avec jardin et piscine. Je pense bien connaître Thierry. Il a combattu auprès de Léa depuis toutes ces années ; ils ont été montrés du doigt, exclus, maltraités (au sens propre du terme) parfois. Ils ont même eu du mal à se marier puisque le maire de leur commune ne semblait pas très enclin à célébrer ce mariage, alors que Léa est femme, physiquement et au regard de l'état civil également. Mais ils ont TOUJOURS fait face, unis, amoureux. Durant son douloureux exil, ils se sont vus, souvent ; pour parler, faire le point, revenir sur les évènements passés. Malgré tout ce qui semblait vouloir les séparer, Léa a recouvré le domicile conjugal un mois pile poil après son départ forcé. Quelle guigne pour Stéphane qui pensait s'être débarrassé de celle qui était devenu un obstacle à l'amour qu'il portait en silence pour Thierry depuis de longues années. Ne faut-il pas séduire la belle-mère pour avoir le fils ?  En attendant, il en a fait des dégâts autour de lui le petit Stéphane ! Il a réussi à détruire une famille qui semblait unie, s'approprier les grâces de la belle famille de Léa à son profit ; sans compter les quelques amis qui lui restaient. MAIS, la roue tourne. Tout comme Mme Pétasse, le gentil Stéphane se prendra un jour une bonne paire de claques dans la figure et se réveillera, tout bête en se demandant : pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ? Et Léa sera là pour lui dire qu'il l'a cherché et que leur amitié, aussi forte et durable fût-elle, ne sera plus d'actualité. Elle me disait avoir appris dernièrement que les sentiments qu'elle semblait partager avec sa belle-mère ne l'étaient pas. Quel scoop ! Comme si elle ne s'en était pas rendue compte... Mais Thierry et Léa sont là, ensemble et heureux après avoir traversé tant d'épreuves ; ce qui n'a pu que consolider leur couple. Thierry lui avouait dernièrement avoir "compris" le jeu de Stéphane : "il était peut-être un peu amoureux de moi je pense". Amanda Lear clamait : "méfiez-vous des blondes". Léa pense qu'il faut se méfier de ses amis gays, surtout lorsqu'ils tombent amoureux de votre mari ! Elle en a pourtant des amis gays, mais aucun d'entre eux n'aurait eu l'idée de la faire interner pour lui piquer son mari, sa maison, sa vie aussi ; en se faisant passer pour son "meilleur ami".

Voici donc en quelques lignes les mésaventures de mon amie Léa. Je pense que ce récit, lorsqu'elle le lira et le fera lire à son époux, les feront beaucoup rire. Stéphane lui, bien moins ! "Ami" et "ennemi" ne sont jamais très loin, ils deviennent alors nos "friennemies". Méfiez-vous !

 

* les prénoms ont été modifiés pour des raisons de confidentialité !

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Oser Dire.

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Toutes les hôtesses de l'air ne sont pas de sombres idiotes comme l'on aimerait nous le faire penser ! Il faut dire que de plus en plus, nous sommes prises pour des idiotes justes bonnes à donner des boissons ou des collations à des personnes qui ne semblent pas avoir compris que nous sommes avant tout à bord des aéronefs afin de préserver leur intégrité et leur sécurité lors de quelconque problème durant leur transport.  Mais mon propos n'est pas celui-ci aujourd'hui. Je pourrais disserter des heures sur la manière dont il faut se conduire dans un aéronef et plus particulièrement à l'égard du personnel navigant commercial. Ah, la Nadine de Rothschild des airs, c'est moi ! Et bien non, je n'en ferai rien, même si parfois cela me démange, mais cela me démange, vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point... J'ai dernièrement travaillé avec une hôtesse fort intéressante qui, au cours d'une conversation somme toute anodine, m'a fait part de sa politique à elle : "oser dire". "J'applique la politique du "oser dire" a t'elle lancé à l'ensemble de l'équipage. Cela changeait de toutes ces langues de bois qui se taisent mais n'en pensent pas moins... enfin une personne intègre, entière, qui "ose dire". Oliviers Mours* est un con, ça, tout le monde le sait. Mais peut-on tout "oser dire", ou presque ? Est-ce une forme de dédramatisation ? Une sorte de pis aller que l'on utiliserait lorsque l'on serait à cours d'arguments ? "Oser dire" oui, mais quoi ? Bien "oser dire", tout simplement. Quand les choses vont bien, mais aussi quand elles ne vous conviennent pas. Vous passez votre vie dans un bureau avec une personne qui ne se comporte pas correctement à votre égard : osez le lui dire ! Allez vous passer les prochaines années à vous ronger les sangs alors qu'il serait tellement simple -je n'ai pas dit "aisé" de dire exactement à cette personne votre ressentir ? Tous mes lecteurs savent que ma vie a changée le jour où j'ai appris à dire "non". Alors "oser dire" peut-être aussi une autre philosophie de la vie. Il y a le "non", incisif, et le "oser dire" qui laisse entre-voire des perspectives qui jusque là vous semblaient impossibles. "Je pense que", "il me semble", "il serait souhaitable" sont des expression que l'on apprend lorsque l'on atteint un statut de "maîtrise". Car il faut ménager les susceptibilités, montrer que l'on est respectueux à l'égard des "petits soldats". "Oser dire" semblerait une alternative moins hypocrite et plus conforme à ce que l'on attend de son interlocuteur. Exemple : "il serait souhaitable que tu mettes un peu de déodorant le matin avant de partir au travail". Et en vertu de quoi ? De la bienséance ? de l'hygiène . Oui, de l'hygiène. Alors pourquoi ne pas oser dire à la personne qu'elle a quelques problèmes de sudation et que par respect pour les personnes qui vont le côtoyer tout au long de cette -longue- journée, un petit coup de déo serait le bienvenu ! C'est pourtant simple, non, plutôt que de se masturber l'esprit en se demandant de quelle manière l'on va s'y prendre. Certes, la langue française est magnifique et pleine de subtilités. Laissons à Voltaire et Rimbaud les belles phrases, pour nos moments de repos, pour nos lectures nocturnes lorsque le sommeil nous fait défaut. Mais quelqu'un qui pue, pourquoi ne pas le lui dire ! Et sans tourner autour du pot. Le "non" m'a sauvée la vie. "Oser dire" me la rendra plus belle. Quoique je n'ai jamais vraiment eu la langue dans ma poche, mais cependant, je suis toujours preneuse des nouveautés -et pas seulement en matière de cosmétique ou de mode ! Apprendre, encore et encore, quelle richesse. Pauvres sont ceux qui s'arrêtent à ce qu'ils connaissent déjà. J'ai vu le monde, les gens qui le peuplent, et j'en ai retiré tant et tant de choses. Le monde alentours est un vivier de nouvelles connaissances, de philosophies. Et si vous pensez que je fais aujourd'hui de la philosophie à "trois balles" vous n'auriez pas tord. Mais tout est bon à prendre selon moi. Et voyez-vous, j'en apprends tous les jours, hier encore avec cette collègue ; et probablement demain dans d'autres circonstances. Vous pensez avoir la liberté, celle de penser et d'agir. Il n'en est rien selon moi, et je suis placée pour écrire ce que j'avance. La liberté, c'est avoir le pouvoir de décider de ce que l'on veut réellement, pour soi, non pas pour ce qui conviendrait le mieux au regard de la société dans laquelle nous vivons. Mais c'est un autre débat. "Oser dire", c'est une forme de respect, pas seulement pour soi, mais aussi pour l'autre. L'attitude ce cette personne vous déplait : osez le lui dire. Combien de couples se déchirent. La faute à qui, à quoi. Par manque de communication, plus que par manque d'honnêteté. Et une fois de plus je sais de quoi je parle ! Je pense, qu'à un moment ou un autre, au cours de notre vie, il faut savoir dire les choses. Oser les dire. "Ce que vous me proposez ne me convient pas". Allez-y, lancez vous plutôt que de rester là à végéter avec l'espoir que l'autre le fera pour vous. Il ne le fera pas, soyez en certain, parce que vous le maintenez dans son confort à lui et il n'est pas prêt à vous le céder. 

Allez, lâchez-vous, OSEZ !

 

 

 

*commandant de bord -voyageant pour convenance personnelle (joueur de golf) qui, sur un vol à destination de Biarritz, m'a cassée le ménisque avec sa valise à roulette parce que je ne voulais pas la lui ranger dans un coffre à bagage.

 

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22 mars 2011

Laide (Ugly).

laideur65"Vous êtes laide", voilà ce que je me suis dernièrement entendue dire, dans le cadre de mon travail, alors que je demandais gentillement à une passagère de changer de siège afin de réunir une famille qui était dispersée ça et là dans l'avion. 

Ca veut dire quoi "vous êtes laide" ? Mes 45 ans venaient de me tomber sur le coin du nez, certes, mais je ne m'attendais pas du tout à ce qu'un jour quelqu'un puisse me dire que j'étais "laide/ugly". La laideur est très subjective, et comme le disait Gainsbourg : "La laideur a ceci de supérieur à la beauté qu’elle ne disparaît pas avec le temps". Tout de même, toute cette chirurgie, tant de souffrance pour qu'un jour, une anonyme parmi les anonymes, me lâche, là, comme on crache sa chique, que je suis "laide". Sans compter tout ce que je laisse chez Sephora en crèmes et onguents de tous genres pour que le temps n'altère pas cette jeunesse tant convoitée par les femmes de mon âge. Je n'ai pas l'essence d'une "cougar", mais je suis somme toute flattée lorsque l'on m'avoue ne pas faire mon âge. Les personnes transgenres seraient-elles plus exposées à la peur de vieillir ? Certainement, à vouloir atteindre la perfection d'une féminité exacerbée, au-delà de ce qui semble crédible, certaines de mes soeurs sont devenues des caricatures décelables au premier regard. Je m'étonnais dernièrement d'une nouvelle forme de visibilité de "filles" qui ne se cachent plus et voyagent comme tout un chacun, ignorant le regard du péquin lambda qui trimballe femme et enfants en villégiature vers des cieux plus cléments. Mon égo en a pris un coup, je l'avoue. Est-ce que je suis "laide" ? Que voulait-dire cette femme ? Qui a le droit de décider de ce qui est beau de ce qui ne l'est pas ? Je me suis empressée de demander à ma collègue la plus proche si j'étais réellement laide : elle m'a fait tout de suite part de son ressenti à ce sujet en évoquant ma taille. Oui, parce qu'il s'agit d'une nouvelle forme de discrimination (positive ?) liée à la taille d'une personne. Au même titre que le cliché voudrait qu'une personne dite "de petite taille" soit méchante, il semblerait qu'il en soit de même pour les personnes de grande taille. Google me l'a dit ! Il y a une forme de discrimination liée à la taille, oui, oui, je vous l'assure ! J'étais plus habituée à "qu'est-ce que vous êtes grande"  plutôt qu'à "vous êtes laide". Quel choc. Je me suis empressée d'aller voir une autre collègue. Son analyse était somme toute différente : "tu ne lui a pas donné l'attention qu'elle souhaitait, elle n'a pas compris pourquoi tu as donné plus de crédit à cette mère de famille et ses deux enfants en bas-âge plutôt qu'à elle". Un manque de "reconnaissance" fait donc de moi une personne "laide". Et pourquoi pas "conne" ou "pauvre fille" ou "salope", parce que j'y suis habituée et que plus rien ne m'étonne. Beaucoup de personnes m'ont blessées, mais à aucun moment je ne les aies trouvées "laides" (même si elles le sont profondément pour tout le mal qu'elles m'ont fait !). Cela n'a rien à voir avec le physique mais plus avec ce qu'elles ont de mauvais fond, de vilenie, de traitrise. C'est la laideur du coeur.

45 ans, c'est un cap ! On est en droit de se poser des questions, non ? Qu'est-ce qui fait de moi une femme "laide" ? Je me pose encore la question. Oh et puis grand bien lui fasse, si cela lui a fait du bien à cette dame de me trouver "laide". C'était ma bonne action du jour, me faire traiter de "laide", ça change. Je vais voire cela positivement. Elle était ulcérée, malheureuse, et voilà, c'est sorti : "vous êtes laide". Une psy lui aurait pris 70 Euros, et moi, rien, gratis, free. D'autant que dans ma position, je pouvais difficilement lui dire comment je la trouvais cette dame : insignifiante tout au plus. Laide, certes, mais polie ! 

Gide divisait le genre humain entre les subtils et les crustacés. Il n'est pas interdit de se demander dans laquelle de ces deux catégories entrent les personnes qui nous entourent...

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28 novembre 2010

Supercalifragilisticexpialidocious.

mary_poppinsLe premier film de Disney que j'ai vu lorsque j'étais enfant était Bambi ; c'était la première fois, mais aussi la dernière, que j'allais au cinéma avec ma maman, Place de la Convention dans le XVè arrondissement. Je m'en souviendrais toujours, il pleuvait et j'avais beaucoup pleuré lorsque la maman de Bambi meurt dans le film. A l'époque, dans les années 70, il n'y avait pas d'Harry Potter ou d'autres héros comme il y en a maintenant. On avait Disney.  C'est justement là que je viens de passer cette journée de dimanche, au parc Disneyland. 2°C à l'extérieur, un ciel de neige qui n'avait rien à envier à la neige artificielle qui recouvrait tout ou partie du parc, entre deux immenses et magnifiques sapins de Noël. Je dois avouer qu'à 45 ans, je retombe en enfance lorsque je me retrouve dans un endroit comme celui-ci (c'est devenu rare de nos jours d'avouer que l'on peut "se laisser aller à"). Bourriquet est mon idole, mais bien plus encore, c'est Mary Poppins qui me met  le plus en émoi ! Bourriquet a un je-ne-sais-quoi de tristesse, de nostalgie et en même temps de trop plein de tendresse. Mary Poppins ? eh bien je dirai qu'elle est magique,  tout simplement. Elle claque des doigts, et hop, les objets s'animent et lui obéissent ; elle chevauche un cheval de bois à travers la campagne dessinée à la craie à même le sol ; elle parle au rouge-gorge, elle a toujours le sourire et par dessus tout, elle trouve toujours une solution à toutes les questions, quelles qu'elles soient.

Supercalifragilisticexpialidocious!

"Si vous le dites de d'un trait vous devenez prodigieux". Certains me diront que c'est "con-con", mais je trouve personnellement que pour l'époque, c'était novateur et que rien n'était laissé au hasard. La preuve, je m'en souviens encore. Harry Potter était mignon au début, mais maintenant, sincèrement, au bout du septième épisode, je m'en suis lassée ! Je ne saurais vous dire à quelle période de ma vie j'ai vu ce film. Je ne me souviens pas être allée au cinéma avant ma dixième année, à Saint Briac (anciennement Ille-et-Vilaine). Dix francs la place dans le petit cinéma de ce petit bourg breton tout près de Saint Malo. J'en ai vu des films à dix francs, tous les étés, une fois par semaine de juillet à septembre. Mais Mary Poppins, sincèrement, je ne saurais le dire. J'ai visionné Fantasia, je devais avoir passé la vingtaine. En ce qui me concerne, c'est un classique du cinéma d'animation au même titre que Pinocchio. Je suis allée voire "La Belle et la Bête" à sa sortie, et j'ai même le DVD. Oh, gaussez vous chers lecteurs, cela ne fait pas de moi une idiote, loin de là. Je pense qu' à tout âge, dans Mary poppins, Fantasia, La Belle et la Bête ou autre, on retrouve une partie de soi, quelque chose d'enfoui depuis son enfance, un petit quelque chose qui fait que l'on est encore capable de s'émouvoir et personnellement je trouve cela magnifique. J'observais les gens qui m'entouraient cet après-midi. Que de gens blasés ! Pourquoi venir au pays des rêves d'enfants pour afficher une tête de six pieds de long, s'énerve parce qu'il y a trop de monde, ou hurler après des gamins de six mois qui hurlent dans leur poussette parce qu'il fait froid et qu'ils sont fatigués, le tout en tirant deux autres petits qui ne loupent pas une miette de ce qui se passe, vraiment ? Ca ne vous arrive jamais, perdu dans la foule, d'observer le monde alentours ? D'analyser ? Pour ma part, cela m'arrive souvent, parce que je trouve cela délectant et en même temps parce que l'on y apprend beaucoup de choses sur la nature humaine. Je reste parfois dubitative et circonspecte face à la réaction des gens : dans les avions, au supermarché, dans les transports en commun... au parc Disneyland. Parfois même, j'en ris ! ou je m'interpose quand je suis concernée. J'ai donné un sens à ma vie, et j'aime donner un sens aux choses. Sinon ce serait le chaos... et ma vie l'est déjà bien assez. Alors je n'ai pas de sentiment de culpabilité à me délecter devant un bon vieux Disney, un épisode de Desperate Housewifes ou de Sex & The City. Mary, Linette et Samantha sont aussi mes amis parce qu'elles sont, malgré la fiction, une part de vérités, parfois toutes faites, mais vraies tout de même. Mon travail génère parfois des rencontres intéressantes : des personnages, des personnes avec une forte personnalité ; et d'autres fois, dont on aimerait se passer, si, si, je vous le dis. Dernièrement j'ai été très charmée par homme d'état, Boris Boillon, Ambassadeur de France à Bagdad. Déjà rien que son titre, "Ambassadeur de France à Bagdad" ! mais il avait un langage verbal tellement riche que je suis certaine que peux de personnes ont pu suivre son interview. Un homme érudit, comme il y en a peu. Pourtant, il n'a que quarante ans. Certes, son Excellence est Ambassadeur, mais j'ai connu bien d'autres personnes galonnées qui n'avaient pas le quart de son vocabulaire. 

Vous me suivez ? Tout cela pour vous dire qu'il n'y a pas que les livres, les encyclopédies, Google, pour apprendre, encore et encore afin d'évoluer dans sa vie et pouvoir s'émanciper du quotidien... et des autres. Quoi de plus ennuyeux qu'une personne qui n'a pas de conversation. Le manque de culture, on peut comprendre, pardonner... moins en ce qui me concerne, mais tenir une conversation. mes tuteurs n'étaient pas des érudits, ni même des gens "du monde". Tout ce que j'ai appris, je l'ai appris lorsqu'ils m'ont faite émanciper et mise à la porte. A moi Paris, le Louvre, les expositions et les voyages. Plus tard, j'ai rencontré des gens extraordinaires qui m'ont fait partager leur expérience, leurs connaissances (Hélène, si vous me lisez, je pense souvent à vous). Certains m'ont donné une chance d'évoluer et de m'échapper de la masse, d'autres non. Il m'arrive parfois aussi de ne pas comprendre les autres, non pas parce qu'ils ne parlent pas la même langue que moi, mais parce que leur langage est différent. Il y a nuance. Alors ne m'en veuillez pas si parfois j'ai du mal à vous comprendre, simplement, nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes. Cela créé parfois des distorsions qui ne sont pas sans intérêt. Mary Poppins est une mine de bon sens à son niveau ; Linette une mère de famille exceptionnelle ; Samantha une quarantenaire qui assume. Et vous ? Qu'est-ce qui fait que vous sortez du lot ? Que Panurge n'est pas votre ami ? Moi, je le sais et c'est ce qui fait toute la différence. C'est ce qui fait aussi que je suis devenue philosophe et que j'ai cessé, depuis peu de temps -certes- de faire la guerre aux autres et à moi-même (Merci Mme B. car, bien malgré elle,  je le lui dois). Est-ce du à la quarantaine -déjà bien entamée ?- à mon parcours de vie somme toute peu conventionnel ? à mon métier ? Je n'ai pas de réponse à cela. Simplement, je contemple de 180cm ce monde qui m'entoure et je suis bien triste. Alors je pense à Mary Poppins et j'imagine qu'en un claquement de doigt, tout devient possible.

 

Posté par Lou_Andrea à 17:28 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
21 novembre 2010

Brève de Comptoir.

photo_18854308Transphobie à l’heure de l’apéro

Deux transsexuelles agressées devant un bar dénoncent l’attitude de la police. Un cas récurrent.

Par DIDIER ARNAUD

Geovanna et Brona se souviendront de la défaite de l’Algérie face à la Slovénie (1-0). Ce dimanche 13 juin, elles passent devant le café la Renardière, dans le quartier des Puces à Saint-Ouen (Seine -Saint-Denis). Le soir tombe, les deux filles, 28 et 35 ans, sont en jupe moulante et décolleté d’été. Geovanna porte le maillot auriverde. Elle et Brona sont brésiliennes. L’une est en France depuis dix ans, elle a des papiers, travaille comme comédienne. L’autre vient d’arriver. Pour gagner sa vie, elle fait des passes au bois de Boulogne. Elle a peur d’être renvoyée par le premier avion. Les deux femmes sont «transsexuelles» : elles ont changé de sexe. Les supporteurs de l’Algérie qui les prennent à partie n’apprécient guère ces«hommes déguisés» en femmes. L’un d’eux crache au visage de Brona en la traitant de «sale pute». Puis il frappe les deux femmes, rejoint par cinq hommes ravis par l’occasion. Geovanna tente de se défendre en lâchant :«Pourquoi faites-vous cela ? On n’est pas au bled !» Les agresseurs ne goûtent guère la remarque, redoublent de violence, au cri de : «Ferme ta gueule, espèce de travelo !»

Jets d’oranges. Le barman de la Renardière n’a rien vu. «Tellement de monde passe dehors… Les jours de marché, il y a toute la merde, toute la racaille.» Il n’a pas quitté son zinc des yeux, ni aperçu les clients du bar jeter des oranges sur les filles, pas vu les deux en panique tenter d’acheter des couteaux pour se défendre dans un magasin où elles se réfugient. Le jour oùLibération les rencontre, elles sont au bord des larmes en racontant la scène. Geovanna fouille dans son sac et en sort une grosse touffe de cheveux arrachés. Elle détaille : «Il m’a tapée derrière le visage, c’est comme ça qu’ils frappent les femmes, derrière la nuque pour que cela ne marque pas.» Œuf de pigeon, chevilles gonflées. Brona ajoute : «Un grand type a disloqué ma maxillaire.» Seule une poignée de clients est venue tenter de calmer les agresseurs. Les autres n’ont pas bougé. Les policiers municipaux de Saint-Ouen arrivent alors et lâchent aux filles : «Vous connaissez les gens qui vous ont tapé, prenez leurs identités dans le café.»«Ce n’est pas à nous de faire ça», répond Geovanna. «On n’est pas là pour vous servir», rétorque un agent. Contactés par Libération, les policiers municipaux contestent, assurent qu’ils étaient de faction à une fête de quartier.

La police nationale intervient alors, mais les agresseurs ont eu le temps de s’enfuir. Un fonctionnaire donne du «Monsieur» à Geovanna. Un autre l’interroge : «Vous êtes intermittente du spectacle, vous faites cela pour faire parler de vous, devenir célèbre ?» Dans la plainte, les policiers écrivent«présenter» des photographies de suspects. «Ils ne l’ont jamais fait», précise Geovanna. Au commissariat, on lui explique que ce n’est «pas la peine»qu’elle aille faire constater ses blessures à cette heure-là (20 h 40). Le lendemain, elle se rend à l’hôpital Saint-Antoine. On l’oriente vers l’Hôtel-Dieu, qui dépend de la préfecture. Là, on l’aiguille vers Bondy (Seine-Saint-Denis). Elle a l’impression qu’on la ballotte de guichet en guichet, alors qu’elle a du mal à marcher avec sa cheville enflée. Elle est choquée qu’on ait«à peine cru» à son agression, qu’on l’ait traitée comme une «moins que rien».

Marysa, voisine et mère de famille, a accompagné Geovanna au commissariat. «La plainte a été prise n’importe comment. Les policiers se sont moqués d’elle, ont fait des remarques salaces, disant que ce n’était pas leur problème, qu’il s’agissait d’une simple bagarre», dit-elle. Marysa vit dans cet immeuble où habite Geovanna avec d’autres trans. «A chaque fois qu’on appelle la police, elle ne se déplace pas. Elle considère que c’est un immeuble de prostituées, qui plus est transsexuelles, et qu’ils n’ont pas à faire d’efforts pour des "travelos"», résume-t-elle. Selon les associations, beaucoup de trans sont ainsi «découragées» d’effectuer la moindre démarche lorsqu’elles sont agressées : elles savent que ça n’aboutira à rien.

Cutter. En dix ans, Geovanna, a été agressée à quatre reprises. En 2008, des jeunes ont cassé sa fenêtre avec des cailloux depuis la rue en criant«travelo, pédé, enculé de ta race, je nique ta mère». La même année, un jeune homme de 16 ans a essayé de la frapper à la gorge au cutter en lui disant que «des gens comme [elle] ne devraient pas vivre». Elle a mis la main pour se protéger, failli perdre l’usage de ses doigts. En novembre 2009, dans le bus 54 à Paris, des jeunes ont tenté de mettre le feu la chevelure d’une de ses amies trans. Des femmes maghrébines sont venues à son secours. En 2009, devant le Moulin Rouge, Geovanna s’est fait casser la figure pour avoir refusé d’accompagner un homme qui voulait la ramener chez elle. Durant toutes ces années, aucun des agresseurs - tous maghrébins - de Geovanna n’a été inquiété par la justice. Ce qui lui laisse, et c’est un euphémisme, beaucoup d’amertume.

Au commissariat de Saint-Ouen, on dit que la patrouille a eu du «mal à comprendre» ce qui s’était passé. Les plaignantes étaient très énervées et parlaient «à peine le français». En plus, elles ne semblaient pas «vraiment blessées». Une source policière assure : «Cette plainte sera traitée comme les autres. Elle sera instruite, on va essayer d’identifier les auteurs.» Les deux filles demeurent «choquées» par le comportement des autorités. «Je viens d’une favela de São Paulo, et on ne m’a jamais manqué à ce point de respect», dit Geovanna.

Gay pride. Louis-Georges Tin, universitaire responsable du comité Idaho - à l’origine de la journée internationale contre l’homophobie et la transphobie - se bat depuis plusieurs mois pour qu’on comptabilise ce genre d’agressions. Tin note qu’il est très difficile de faire émerger la question transphobe sur le devant de la scène. «Nous manquons cruellement de statistiques. Ce type d’actes est souvent passé sous silence, à cause de victimes en état de faiblesse (prostituées, sans-papiers) et aussi à cause du désintérêt et du dédain manifesté pour ces victimes.» Il a demandé au ministère de l’Intérieur de mener une réflexion globale sur ces agressions, en vain. La Mairie de Paris et la Préfecture se sont mises d’accord pour se pencher sur la question au début de l’année prochaine. L’universitaire rappelle opportunément que les transsexuel(le)s ont pourtant été précurseurs pour faire émerger la question gay aux Etats-Unis. La Marche des fiertés (ex-gay pride) qui a lieu aujourd’hui leur doit une sacrée chandelle.

Source : Liberation.

 

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