Carnet De Bord d'Un Steward Devenu Hôtesse de l'Air

16 mai 2018

"Carnet de Bord".

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Ce blog est destiné à la population "trans". Il est le reflet d'une expérience. En aucun cas vous n'y trouverez toutes les réponses à vos propres questionnements. Tout au plus de quoi vous aider à réfléchir. 

Toutes les expériences sont différentes ; cependant, parfois, on peut se retrouver dans un même questionnement. Ce blog n'est pas un "Petit Manuel" mais au moins un guide, un recueil de réflexions sur MON expérience, MON vécu.

Mon auto-biographie parue en 2001 a aidé des milliers de personnes ; j'en suis heureuse et flattée tout à la fois.

A vous de vous faire votre propre opinion et votre propre vie.

Je réponds à tous mes lecteurs, vous pouvez me joindre à cette adresse :

louandco@laposte.net

ATTENTION :

- tous commentaires diffamants, insultants feront l'objet de poursuites ;

- je ne fais aucun commentaires concernant mon employeur ;

- je ne donne que rarement des interviews SAUF si le sujet donne une idée positive du "parcours transsexuel".

 

 

 

 

ENGLISH

This blog is for the "trans" population. It is the reflection of an experience. In no case will you find all the answers to your own questions. At most, you can help you think. All experiments are different; however, sometimes we can find ourselves in the same questioning.

This blog is not a "Petit Manuel" but at least a guide, a collection of reflections on MY experience, MY lived experience. My self-published biography in 2001 helped thousands of people; I am happy and flattered at the same time. It is up to you to make your own opinion and your own life. I reply to all my readers, you can join me at this address: louandco@laposte.net

WARNING :

- any defamatory, insulting comments will be prosecuted;

- I do not comment on my employer;

- I rarely give interviews EXCEPT if the subject gives a positive idea of ​​the "transsexual journey".

 

ITALIAN

Questo blog è per la popolazione "trans". È il riflesso di un'esperienza. In nessun caso troverai tutte le risposte alle tue domande. Al massimo, puoi aiutarti a pensare. Tutti gli esperimenti sono diversi; tuttavia, a volte ci troviamo nello stesso interrogatorio. Questo blog non è un "Petit Manuel" ma almeno una guida, una raccolta di riflessioni sulla mia esperienza, la mia esperienza vissuta.

La mia biografia autoprodotta nel 2001 ha aiutato migliaia di persone; Sono felice e lusingato allo stesso tempo. È a te a fare la tua opinione e la tua vita. Rispondi a tutti i miei lettori, puoi contattarmi a questo indirizzo: louandco@laposte.net

ATTENZIONE:

- ogni commento diffamatorio e offensivo sarà perseguito;

- Non commento il mio datore di lavoro;

- Faccio raramente interviste, tranne quando il soggetto dà un'idea positiva del "viaggio transessuale". 

 

SPANISH

Este blog es para la población "trans". Es el reflejo de una experiencia. En ningún caso encontrará todas las respuestas a sus propias preguntas. Como mucho, puedes ayudarte a pensar. Todos los experimentos son diferentes; sin embargo, a veces nos podemos encontrar en el mismo cuestionamiento. Este blog no es un "Petit Manuel" sino al menos un guía, una colección de reflexiones sobre MI experiencia, MI experiencia vivida.

Mi biografía auto-publicada en 2001 ayudó a miles de personas; Estoy contento y halagado al mismo tiempo. Depende de ti hacer tu propia opinión y tu propia vida. Respondo a todos mis lectores, puede comunicarse conmigo en esta dirección: louandco@laposte.net

ATENCIÓN :

- cualquier comentario difamatorio e insultante será procesado;

- No hago comentarios sobre mi empleador;

- Rara vez dan entrevistas, EXCEPTO si el sujeto da una idea positiva del "viaje transexual".

 

 

Errances nocturnes.

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Il y a des jours "avec" et des jours "sans". Il faudrait ne pas être humaine pour avoir une vie linéaire dans le sens où il ne se passerait rien et tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Ce qui n'en est rien... Doit on s'arrêter de vivre par peur de se faire planter dans la rue par un djihadiste hysterique qui préfère donner la mort plutôt que de célébrer la vie ? Doit on travailler pour vivre ou vivre pour travailler ? (au vu des récents évènements dans mon entreprise, je me le demande...). Doit on se cacher de peur d'être démasqués et stigmatisés, c'est déjà fait ! Pour vivre heureux, doit on vivre cachés ? 

Bien justement, ma réponse est NON. Je rentrais hier au soir d'un dîner parisien en compagnie d'un ami très cher, et nous devisions sur la société dans laquelle nous vivions actuellement. Tout semble partir à vau-l'eau. Nous parlions de choses et d'autres, de sentiments que nous pouvions éprouver, comme la haine ou la compassion. Je ne suis pas haineuse. L'ai-je jamais été ? Et pourtant, j'ai mille et une raisons d'éprouver un sentiment comme celui-là. Un peu plus tôt dans la journée, je rendais visite à une proche, hospitalisée, gravement malade. Tout cela m'a donc donné matière à réfléchir. Quel est le sens de cette vie ? Le périphérique étant fermé, l'autoroute tout autant, nous avons donc eû le temps de "refaire le monde". Triste monde... Revenir sur des évènements vécus, ou d'autres à venir qui s'avèreront difficiles. On ne peut pas présager du futur, mais faire un bilan sur le passé, oui ! Grossière erreur. On ne devrait jamais revenir sur les choses du passé, quand bien même nous eûtes elles blessée au plus profond de notre être. Je ne reviendrai donc pas sur le mien... ce serait long et fastidieux. Et puis je pense en avoir fait le tour même si, j'avoue parfois me poser des questions sur ledit passé et ce questionnement semble ne jamais vouloir me quitter. La mort de mes parents, les 10 années passées chez me tuteurs qui me semblent, a posteriori, avoir durées une éternité comparé aux années qui s'en suivirent. Le bilan/constat est toujours le même : comment ai-je survécu à tout cela ? D'autant que je ne suis plus la seule à me poser cette question. Beaucoup de personnes, dans mon entourage personnel (voir professionnel) se posent cette même et sempiternelle question.

Je ne saurais quoi vous répondre ? Je suis une survivante et je pense que lorsque l'on a vu mourir ses parents sous ses propres yeux, dans des douleurs et des conditions aussi atroces qu'un accident de la ciruclation, on survit -presque- à tout. Surtout à la connerie humaine ! Tenez, par exemple. L'autre soir, je me trouvais dans une endroit chic et fort prisé de la capitale pour prendre un verre. C'était ce que je qualifierai de "jour sans". La grisaille ambiante, la dernière attaque au couteau sur les grands boulevards, les grèves à répétition, le prix de l'essence etc... Me voici donc dans cet endroit divin pour prendre un verre, écouter de la musique, danser, oublier un temps les turpitudes de la vie. Je passais un moment absolument délicieux qui me faisait oublier, un temps, les évènements ci plus avant énoncés. Une femme, jeune, s'avance vers moi et me lance derechef : "vous êtes une trans ou une femme". Coupe de champagne à la main, je ne m'offusque pas de sa question". A peine le temps de répondre, elle poursuit : "parce que je cotoie beaucoup de trans, dans le milieu gay. Vous êtes grande, très belle, et vous semblez libre et totalement libérée vis-à-vis de votre corps". Elle s'inquiète tout de même de savoir si sa question me vexe. "Nullement" lui répondis-je. Et je poursuis : "alors selon vous, une femme grande, belle et qui s'assume est forcément une trans". Elle balbutie, ne sait plus quoi dire, se répand en excuses de toutes sortes. S'enlise et je fulmine ! Elle me dit venir d'Iran, séjourne à Paris et "s'amuse follement" (oh, quelle surprise !) et avoue avoir rarement vu une femme aussi à l'aise avec son corps. Entendez que ma tenue n'avait rien d'indécente. Une robe de soie noire, une paire de Louboutin modèle "Pigalle" et un chignon boule absolument parfait. Bree van de Kamp n'aurait pas fait mieux ! Perdue dans cette nuit-attitude, j'étais de la fête et rien ni personne ne pouvait venir assombrir ces quelques heures d'errances nocturnes que j'avais décidé de m'octroyer.

Donc, si je comprends -quoi que difficilement- l'analyse faite par cette femme : une femme grande, belle, libre et libérée est à fortiori une femme trans... c'est un peu réducteur. Cependant, force est de constater que beaucoup de femmes, grandes, belles, libres et libérées sont confrontées à cette situation. Je partageais dernièrement un vol avec une collègue née "biologiquement femme" qui m'avouait qu'elle même avait été traitée de travesti par quelques guapos dans la rue parce qu'elle sortait du lot de la "femme-telle-qu'elle-devrait-être". C'est tellement réducteur. Bref. Ma coupe de champagne à la main, j'ai pris un malin plaisir à voir cette femme s'enliser dans son dégueuli verbiale jusqu'à ce que le barman vienne me demander si cette dame ne m'importunait pas. Il faut que je vous fasse une confidence : malgré mes 52 ans, mon passé et toute cette médiatisation, JAMAIS le monde de la nuit, quel qu'il soit, ne m'a refusé l'accès à quelque établissement que ce soit. Si, un peut-être. Une discothèque proche du Palais-Royal majoritairement fréquentée par une clientèle gay. Le portier qui me connaissait fort bien m'a claqué la porte au nez en me disant : "tu as choisi ton camps, tu n'as plus rien à faire ici". Ce qui n'était pas faux. Donc, les hauts lieux de la nuit parisienne m'ouvrent leurs portes, quelle que soit leur orientation, homo ou hétéro. Bar, club, discothèque je suis de toutes les soirées sans jamais avoir été rejettée ou jugée pour ce que je suis.

Je prends le barman à parti et lui fais part de la question que vient de me poser cette femme et de son analyse. Il s'empresse d'aller chercher la "physio" (la dame à la porte qui vous refuse l'accès plus souvent qu'elle ne l'accepte si vous ne faites pas partie ds "happy few"). Sans commentaire aucun, elle invite cette jeune femme et son compagnon, qui ne pipe pas mot, à se diriger vers le vestiaire, règler leurs consommations et "prendre la porte" en leur signifiant qu'ils n'étaient plus les bienvenus et que l'accès leur serait refusé s'ils se présentaient de nouveau à la porte de son établissement. Fin de l'histoire.

J'ai récupéré mon véhicule auprès du voiturier et j'ai recouvré mon domicile. Je n'ai éprouvé aucune empathie pour cette femme. Son analyse était tellement réductrice et, comment, peut-on se permettre de demander à une femme si elle est née biologiquement femme ou si elle est trans. Cela ne me viendrait même pas à l'idée... "Bonjour madame, vous êtes vaginale ou clitoridienne" ? On marche sur la tête. J'ai repris la route, Paris défilait sous mes yeux éblouis. Le dernier album de Lisa Stansfield en fond sonore. 

C'était mon errance nocturne, à moi. Paris sera toujours Paris, les ignorants le seront toujours. Mais rien ni personne ne pourra m'ôter cette folle et furieuse envie de vivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

05 avril 2018

Dans la vie, on ne choisit pas toujours tout...

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Ma supérieure hiérarchique, qui a elle-même une supérieure hiérarchique, qui a elle-même une supérieure hiérarchique etc etc... car oui, à Air Trans, vous avez toujours quelqu'un au dessus de vous quand vous êtes au bas de l'échelle. Ce qui est mon cas. Je suis en première ligne, au contacte de la clientèle, mais au dessus de moi, il y a toujours une "supérieure hiérarchique qui a elle même une supérieure hiérarchique qui, qui, qui"... Et ces gens là décident pour vous, de tout -ou presque.

Dernièrement, je me suis insurgée contre le comportement quelque peu outrancier de ma "supérieure hiérarchique qui..." et sa "supérieure hiérarchique qui..." m'a répondu : "dans la vie, on ne choisit pas toujours tout". Je lui ai alors répondu, fort courtoisement (attention aux sanctions disciplinaires) que non, justement, j'avais toujours tout choisi dans ma vie. Mes revendications sont donc restées lettre morte et je dois subir depuis plusieurs mois déjà les affres d'une "responsable hiérarchique qui..." ne s'offusque pas de faire pleurer une femme de 52 ans pour des broutilles. Car oui, à Air Trans, on applique le management "par la terreur". Chacun de vos faits et gestes est analysé, reporté dans votre dossier sans que vous n'ayez la possibilité de vous exprimer, voir de vous défendre sans avoir recours à un délégué du personnel. Et, quand bien même puissiez vous être dans votre bon droit, leur parole fait foi.

Prenons l'exemple de Mme G. et des ses deux agressions (cf. "Y'a t'il un travesti dans l'avion"). Me croiriez-vous si je vous disait que la plainte a été rejettée par le tribunal de Bobigny (bon, au vu de ce qui se passe à Bobigny, on peut comprendre qu'une hôtesse qui agresse verbalement par deux vois sa collègue, la plainte passe à la trappe...). Mais, pis encore, cette charmante Mme G. n'a, à aucun moment été inquiétée par sa "hiérarchie qui...". Et après 10 mois d'échanges de courriers entre avocats, délégués du personnel, une médiation, une alerte auprès du CHSCT, rien n'a été fait. Parce que, comme je vous le disais, "la supérieure hiérarchique qui..." a toujours raison. D'ailleurs, Madame G. forte de sa "supériorité" officie toujours dans les avions de la flotte Air Trans et ce en toute impunité.

J'ai multiplié ces derniers mois mes apparitions, dans des manifestations telles que la "Journée Mondiale de Luttre Contre le Sida", le "Forum des Associations" et suite à de multiples pourparlers, je suis enfin redevenue officiellement la marraine de l'association LGBT d'Air Trans, "Personn'Ailes". J'ai multiplié les échanges, les contacts avec diverses associations, membres du gouvernement, médias afin de les alerter sur les difficultés rencontrées par les personnes trans dans le milieu du travail. Ne voyez pas dans mes écrits un jugement hâtif de la politique de Mr Macron, ni même un positionnement quel qu'il soit. Cependant, force est de constater que les personnes les plus vulnérables, dont les membres de la communauté trans, seront en première ligne lors de licenciements, plans de départ volontaire et autres actions mises en place par ledit gouvernement.

Dans mon entreprise, on me présente comme "le porte drapeau de toute une communauté" ou encore comme "un personnage emblématique de cette entreprise". Pourtant croyez moi, je n'ai rien fait pour. Si ce n'est, peut-être, être à l'origine de la mise-en-place d'actions favorisant à ré-intégrer des personnes qui ont fait le même choix que moi en évitant les dérives et les erreurs que j'ai du essuyer il y a 18 ans maintenant... et dont je suis toujours victime. Certes, la médiatisation que j'ai souhaitée, je l'avoue, n'a rien arrangé à mon statut dans cette entreprise : évolution de carrière, visibilité, acceptation, écoute... alors je m'adapte aux personnes et aux situations auxquelles je suis confrontée sans que jamais personne ne s'inquiète de savoir si je m'épanouis dans mon travail, si j'ai des velléités d'évolution de carrière (à trois ans de la retraite, il serait temps...). Rien de tout cela. Cependant, "ma supérieure hiérarchique qui..." s'éfforce de vouloir me faire croire le contraire.

J'ai parfois la sensation d'être dans une pièce de la Comedia dell'Arte. Et je ris de voir à quel point l'être humain peut-être hypocrite et vil ! Je ris de voir les stratagèmes mis en place pour me faire croire que j'ai effectivement ma place dans l'entreprise, que je suis entendue, soutenue alors qu'il n'en est rien. Paradoxalement, cela me convient. Après tout, si cela les amuse de "jouer", alors "jouons" à qui sera le plus hypocrite et à qui sera le plus vil, le plus mesquin. J'ai beau me dire que je travaille pour payer mon loyer, mes factures, et quelques petits plaisirs (ils sont rares de nos jours), je pense cependant à mon avenir, à ma retraite, à mes vieux jours. Depuis le décès de mes parents il y aura bientôt 45 ans (31 mai 1973), je n'ai eu de cesse de me concentrer sur mon devenir. Et ce que je suis devenue aujourd'hui, je ne le dois ni à mes tuteurs, ni à ma famille (ai-je jamais eu une famille ?). Je ne le dois qu'à moi. Alors quand "ma supérieure hiérarchique qui..." me dit que "dans la vie, on ne choisit pas toujours tout..." je lui réponds par la négative car, dans ma vie, j'ai toujours tout choisi. J'ai osé faire ses choix, à ma manière, en empruntant -et en écoutant- le chemin de ma singuliarité. Et, je ne cesserai jamais de mettre en avant ma singuliarité, parce que c'est moi. Je me suis construite, et ce que je suis aujourd'hui, je ne le dois qu'à moi et rien ni personne ne m'empêchera, jamais, d'être ce que je suis et d'évoluer à ma guise.

J'ai tant de fois été humiliée, rabaissée, mise à l'écart, traitée comme une marchandise "négligeable" qu'aujourd'hui, l'âge et l'expérience aidant, je dis "non". Et comme le dit si bien Harvey Fierstein dans le film culte "Torch Song Trilogy", je cite : "je veux de l'Amour et du Respect. Si vous êtes incapables de m'en donner, vous n'avez rien à faire dans ma vie".

Dont acte.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

03 avril 2018

Je suis.

Nous sommes au delà des LIMITES de vos imaginaires
Cessez de nous interpréter depuis vos références
Depuis vos pôles en opposition
Nous sommes ailleurs, autrement
Nous avons fait de vos tabous nos maisons
Nous ne quittons pas un genre pour un autre
Comme dans vos superstitions
Nous sommes le glissement lent, subtil et profond
Nous cumulons les expériences
Le nombre de vécus dans une vie
Différents prismes de perceptions, de sensibilités,
De façons d'habiter nos corps et la cité
Depuis notre être,
Et au travers du système
Nous révélons ses LIMITES
Servons de frontière, de transaction
D’un système de pensée, de hiérarchie, vers un autre
Nous existons avec ou sans vos consentements
Visibilisés, invisibilisés, fantasmés, décriés, désirés, cachés, tués, battus, enfermés, chirurgiés, mutilés, rectifiés, lobotomisés, cachetonnés, objetisés, glorifiés, mystifiés…
Nous sommes au delà de vos LIMITES
Nous sommes votre transition vers une autre ère
Nous occupons un espace non autorisé
Nous l'occupons depuis toujours
Et pour longtemps
Nous ne souffrons pas d’être
Nous souffrons de devoir vous gérer
Gérer vos LIMITES et vos excès.
Vos désirs de pouvoir, de domination, de contrôle et de destruction
Mais nous sommes vivants.es et persistons.
TRANS* AND INTERSEX PEOPLE STAND-UP FOR HUMAN RIGHTS
- Jihan Imago.

Posté par Lou_Andrea à 09:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]
03 janvier 2018

Libre et libérée.

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Ma charmante collègue pensait m'avoir atteinte (in : "Y'a t'il un travesti dans l'avion)  et je dois dire qu'elle a bien failli arriver à ses fins. Son pauvre mari, choqué par ma personne alors qu'il se trouvait à mon bord m'a trouvée "choquante". Pourtant, il travaille dans le domaine de la mode, alors des gens "comme ça", il en fréquente tous les jours, mais des gens "comme moi", il n'en avait jamais vu... Oui, choqué le pauvre monsieur. Je vous fais l'impasse sur la médiation. Elle a craché son venin. Je me le suis pris en pleine face. Mais je suis restée digne, je n'ai pas failli, j'ai écouté sans rien dire. Polie, courtoise et d'un calme olympien. J'ai encaissé une fois de plus. Mais plus que les autres fois, je dirai que ce fût d'une violence inouïe, voir extrême. Cette femme a remis en cause, en quelques mots et moins d'une heure, ce que j'ai mis des années à contruire : moi. A l'issue de cette médiation, je doutais de tout. De moi, de ma féminité, de mon positionnement, de mon "passing". Elle avait atteint ma dignité et mon intégrité de femme en la remettant en question. Elle aurait presque réussi si quelques personnes bien intentionnées et dans le secret de la confidence ne m'avaient fait remarquer que j'étais très "enviée". Forcément : grande, jolie, médiatique et médiatisée, il en faut peu pour devenir une cible. Surtout de la part de personnes dont on voit derechef qu'elles sont mal dans leur peau. Mon assurance, ma féminité exacerbée rendent jaloux.

Pourtant, dans la même période, j'étais sollicitée pour une interview dans un magazine de charme dont je tairai le nom. Il s'agissait de passer en revue les 24 heures de ma journée, du lever au coucher. "24 heures collés aux fesses de..." Il s'avère que le journaliste m'avait déjà interviewée quelques années auparavant et je me suis sentie tout de suite en confiance. Rendez-vous fût donc pris. Quelques jolies photos, un petit tour dans mon book de presse pour piocher ici et là quelques photos susceptible d'étayer le sujet : "24 heures collés aux fesses d'Andréa Colliaux". Lecture, relecture, accord des photographes et l'article parût pour le numéro de novembre/décembre 2017. Sans une certaine appréhension cependant puisque j'acceptais, pour la première fois, de poser nue. Je ne voulais rien de vulgaire, pas de nu de face, juste quelque chose de "beau" que le lecteur aie plaisir à regarder. ma trans-identité n'est mentionnée qu'à un seul moment de l'interview, en quelques mots seulement : "elle avait défié la chronique en 2001 en devenant la première hôtesse de l'air transsexuelle". "Tout est dit" aurait rétorqué la directrice artistique de mon éditeur. Simple, en quelques mots et on passe à autre chose. 

Cependant, j'étais toujours dans le doute des attaques de ma collègue. J'ai sollicité mes amis proches. Enchaîné les shootings photo afin de me "rassurer" sur ma féminité, sur l'image que les gens avaient de moi. Mais rien n'y faisait. J'ai même sollicité le Dr Bui qui m'avait remodelé le visage en 2002 : "pourquoi vouloir toucher à un aussi beau visage" ? Petit à petit, j'ai repris confiance en moi. J'ai compris que je ne devais rien attendre d'une médiation qui n'était qu'une masquarade, au même titre que la commission Qualité de Vie au travail & Risques Psycho-Sociaux qui s'était tenue en avril 2017 suite à ma grève de la faim. J'avais -enfin- ouvert les yeux et compris que je n'avais rien à attendre de ces gens. Aucune compassion, aucunes excuses, mais du mépris oui ! Durant cette même période, je recevais la réponse du magistrat suite à ma plainte. Affaire classée sans suite au motif suivant : "infraction insuffisamment caractérisée". Sur le moment, je l'avoue, j'aurais voulu laisser éclater ma colère. Même pas. Après tout, ce n'était pas la première fois que je me faisais agresser verbalement par un collègue, mais l'âge aidant, je suis de moins en moins tolérante et compréhensive (si tant est que l'on puisse comprendre ce type de comportement).

J'ai repensé à cette femme. J'ai ressassé ce que l'on m'avait dit. Oui, elle était foncièrement malheureuse, étriquée dans sa petite vie bien rangée avec mari et enfants. C'est elle qui était à plaindre et pas moi. C'était de l'envie, de la jalousie au regard de la femme que je suis devenue : une femme libre et libérée, qui assume ses choix de vie seule contre tous et qui n'a rien à devoir à personne. Une femme dont la féminité exacerbée fait beaucoup de jaloux, d'envieux, de malheureux/ses probablement aussi. Oh, n'y voyez aucune vantardise, mais on m'a tant de fois rabaissée que parfois, cela fait un bien fou de ses dire que l'on peut être enviée, jalousée. Alors j'ai pris ma plume et j'ai écrit au magistrat. Je lui ai demande de m'exprimer clairement les raison de ce "classement sans suite" car pour moi, l'infraction est bien caractérisée ! J'aurais 52 ans dans quelques mois et je pense que cette "affaire" était l"affaire de trop". Je n'en resterai donc pas là et le gentil magistrat a tout intérêt à bien choisir les mots qu'il va utiliser pour m'exprimer son refus. Dont acte.

J'ai reçu un exemplaire dudit magazine. Je l'ai feuilleté, non sans une certaine fierté. J'avais posé NUE. Non que j'aie quelque problème par rapport à mon corps, je l'aime et il me le rend bien -sourire- mais j'avais une certaine appréhension par rapport au regard des gens. Je me souviens d'une photo de nue de mon amie Eva Robbins où les lecteurs essayaient par tous les moyens de détecter une once de masculinité (ou de ce qui pouvait en rester) sur ledit cliché. C'est ce qui m'importait le plus, le regard que les gens allaient poser sur ma nudité, sur ma plastique. J'ai très vite été rassurée. J'ai de nouveau sollicité mes amis, hommes et femmes. Je n'avais rien à prouver à qui que ce soit, et encore moins à moi-même. Je suis Andréa, avec ce petit "je-ne-sais-quoi" qui la différencie des autres femmes mais qui fait tout son charme et sa personnalité. Tellement de personnes n'en ont pas, de personnalité !. Ce qui fait qu'on puisse l'aimer ou la détester, l'apprécier ou la mépriser, l'envier ou s'en foutre mieux encore.

Le plus beau compliment que l'on m'aie fait vient du chanteur Gilbert Montagné lors d'une émission de Mireille Dumas. Pour mémoire, cet artiste est non voyant et ne sachant pas qui j'étais il m'a dit à la fin de l'émission : "quoi que puissent en penser les personnes voyantes, ce que moi j'entends, c'est bien la voie d'une femme". 

Et mon amie Danièle qui m'a dit un jour : "tu es une femme, libre et libérée".

Et dire qu'elle voulait faire de ma vie un enfer...

 

 

 

 

Crédit photo : Thémis Iakovakis. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17 novembre 2017

Empathie.

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Je n'ai jamais cessé de donner des interviews... et ce 17 ans après mon changement d'identité. Non pas pour gonfler mon égo, mais parce que je pense être un personnage emblématique de notre communauté et que la presse semble ne jamais m'avoir oubliée. Comme je l'ai déjà exprimé, Coccinelle m'avait demandé, quelques temps avant sa mort, de "reprendre le flambeau". Je pensais avoir fait ce que j'avais à faire, mais je me suis vite rendue compte que les choses n'avançaient pas comme je l'aurais souhaité.             France 2 m'a dernièrement contactée pour Réservoir Prod (trop "voyeur", j'ai donc refusé l'invitation) mais aussi des médias papier. Le dernier en date m'a consacrée 4 pages, rien que ça. L'interview se voulait glamour, bienveillante. Tout allait bien jusqu'à ce que je reçoive l'exemplaire promis par le rédacteur en chef. Quel ne fût pas ma suprise en découvrant la première de couverture :

"24 H AVEC UNE TRANS DEVENUE HOTESSE DE L'AIR".

L'interview reprenait, "heure par heure", mon emploi du temps, du lever au coucher. J'avais trouvé cela plutôt drôle. Quelle ne fût pas ma surprise en découvrant que le photographe était celui-là même avec lequel j'avais fait ma première séance photo en 2001 lors de la sortie de mon autobiographie. Quant au journaliste, je lui avais déjà donné une precédente interview. J'étais donc plutôt confiante du résultat. Je ne laisse jamais une interview partir à l'impression sans l'avoir lue, relue et actée. J'ai donc été blessée de constater que non seulement certaines photos que je n'avais pas acceptées avaient été publiées sans mon autorisation, quant au titre... C'est "accrocheur" m'a répondu le rédacteur en chef lorsque je l'ai contacté. Il ne comprenait pas la raison pour laquelle j'étais blessée.

Une amie proche me dit de reprendre le titre en changeant les mots : "24 heures avec un arabe devenu djihadiste" ; "24 heures avec un noir devenu cannibale". Je pense que vous comprendrez mieux la portée insultante et stygmatisante de cette accroche très "accrocheuse". Mais il était trop tard. Le magazine était publié et dans les kiosques. Ainsi donc, une si belle interview sur papier glacé se transformait en torchon, dégradant, juste bon à passer à la benne -après recyclage.

C'est là tout le problème. Celui de ma vie, celui de mes consoeurs. Même si la transidentité a dernièrement été souvent portée à l'écran (France 2 et M6 dans la même semaine), les choses ne semblent pas évoluer. Lorsque je lis les recueils de mon amie Bambi, je me rends compte que notre vie semblait bien plus confortable lorsque nous étions cantonnés aux métiers du spectacle dans les cabarets parisiens. Le Carrousel, Madame Arthur, Chez Michou, l'Alcazar. Nous vivions en autarcie, ne fréquentant que les lieux qui nous étaient réservés. Bien souvent lorsque je parle avec des "anciennes", mes yeux sont pleins d'étoiles. Des clubs nous étaient réservés, Le Scaramouche entre autre. On pouvait se "traveloter" et rire entre nous... et le lendemain, la vie reprenait son cours, dans sa "normalité". Qu'en est il aujourd'hui ? Je me rends compte ô combien il est difficile pour nous, femmes ayant suivi un parcours "trans" de nous fondre dans une pseudo "normalité". Que ce soit dans notre vie personnelle que professionnelle.

Et je sais de quoi je parle. J'ai divorcé en 2014. Je suis toujours aussi seule. Quand un homme apprend mon parcours, son analyse est la suivante : "un homme devenu femme restera toujours un homme à mes yeux". Les quelques hommes qui seraient susceptibles de s'intéresser à moi recherchent le côté "sensationnel". Se "faire une trans". Sans compter le côté parfois "dégradant" de leur stratègie afin de m'approcher. Parfois, les langues se délient. Je parlais dernièrement avec la gérante d'un club parisient que j'affectionne particulièrement. Elle m'avoue, au cours de notre conversation, que certains clients se seraient plaints de ma présence dans son club. C'est une femme fabuleuse, sa vie, son parcours, elle peut me comprendre. Elle a pris le parti de perdre certains de ces clients car elle ne comprend pas que l'on puisse faire preuve d'autant d'intolérance, surtout dans le milieu de la nuit. Devrions nous nous cantonner dans des clubs qui nous seraient réservés ? Il n'en existe pas. J'ai testé les soirées "Drôles de Dames"... sans commentaires. Dois je accepter une ghettoïsation ? Ne fréquenter que des "gens de mon espèce" ? dans des lieux qui me seraient réservés ? Travailler dans un cabaret ? La réponse est NON.

J'entame un enième procès contre l'une de mes collègue, particulièrement indélicate qui a suggéré que mon employeur actuel recruterait des "travestis" en parlant de moi bien évidemment et cela par deux fois. Je suis tellement fatiguée de devoir, sans cesse, me justifier, sur mes choix, sur ma vie et la manière dont je la mène. Je viens de faire un trait sur une Amitié de 25 ans parce que je ne me sens pas comprise, mais plutôt jugée et ce quoi que je fasse. Je préfère à présent la solitude à la compassion des gens qui m'entourent.

Quant à la presse, aux médias, ils ne font que reléguer une image, celle qui les arrange le plus. Du pathos... Etre une personne ayant suivi un parcours transsexuel fait de nous de pauvres créatures, reléguées à la misère et l'errance... Cette image arrange tout le monde sauf nous. Cependant, je ne cesserai jamais de m'exprimer, de donner des interviews, de me "montrer". Je suis fière de ce que je suis, fière d'être allée au bout de mes convictions. De mener ma vie telle que je l'aie toujours voulue. Qui peut s'en vanter ?

Alors ne je laisserai personne se mettre en travers de mon chemin. Personne ne me dire ce qui est bien et ce qui ne l'est pas. Jamais plus je n'accepterai l'humiliation d'être reléguée à un statut de "trans". Je suis une femme, libre et libérée. Quoi que vous puissiez en penser. Je ne suis pas "un homme devenu une femme". Je suis un être humain, doué de sentiments, avec ses convictions, ses peurs, ses craintes, ses joies et ses peines. Je n'autoriserai plus jamais personne à me juger.

Un être humain. Point.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 octobre 2017

Aimer est plus fort que d'être aimée.

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Il y a, dans la vie, des chansons qui vous touchent plus que d'autres. Par exemple, Adèle, "Someone like you" pour ma part. Puis il y a Balavoine, Barbara, des textes de Prévert, Cher ou Céline Dion. Mes goûts sont très éclectiques... Le titre de ce post est issu d'une chanson de Balavoine.

C'est ce qui m'amène à ces quelques lignes. Je ments souvent sur mon âge. Après tout, on me donne dix ans de moins. Alors j'avance fièrement 42 ans au lieu de mes 52. Honte à moi ? Non, j'assume. Je suis une femme qui s'entretient, qui s'inflige un régime alimentaire équilibré, une hygiène de vie aussi digne d'une sportive de haut niveau. Pas étonnant que je me fasse des ennemiEs... Madame B. ou plus récemment, ma collègue, Madame G... Ah, la jalousie féminine. Parce qu'après mûres réflexions, et un passage -presque- obligé auprès de la médecine du travail, force est de constater que Madame G. dont le mari m'a prise pour un travesti n'avait d'autre dessein que de me blesser. La pauvresse. Bref.

Je lisais dernièrement un article fort intéressant dans un magazine canadien. Le sujet principal était le suivant : "La fétichisation et la honte liée à l’attirance sexuelle envers les personnes transsexuelles exacerbent les réactions violentes à leur égard". Et nous en revenons toujours à la même question : y'a t'il un "public" pour les femmes ayant suivi un parcours transsexuel ? Je donnais dernièrment une interview pour un magazine dont le sujet principal est la sexualité. Le journaliste me demande : "quelle est la différence entre "transsexuel" et "transgenre" ?" et me voilà repartie dans mes explications. Je connais mon discours quasiment par coeur et à force d'exemples "concrets", j'arrive à faire entendre à mes interlocuteurs que je ne suis pas une personne "transsexuel" mais une personne "ayant suivi un parcours transsexuel" et qu'au 1er avril 2001 je suis FEMME. J'avais cette même conversation il y a peu avec une amie, trsè impliquée dans "la cause" qui me disait ne plus trop savoir qui était qui : transgente, cisgenre, intersexué et j'en passe. La question n'est pas là. Vous vous situez où ? Même si le codage de notre société est binaire, 1 et 2, vous devez bien vous situer quelques part, mais pas entre le 1,5 et le 2 trois quart -sourire-. Le militantisme est une chose, je défendrai toujours la cause de ma communauté, mais jusqu'à quel point ? Je veux bien me battre pour une cause que je connais est qui m'est propre, mais pour les autres ?

Peu de temps avant qu'elle ne nous quitte, Coccinelle et moi avions eu une conversation téléphonique. Elle me demandait de reprendre le flambeau. Qu'elle s'était battue à son époque, et qu'il fallait qu'une personne prenne la relève. Ce que j'ai fait durant de longues années. 17 au total. Mais les choses ont évolué, tout comme ce fût le cas du temps de Coccinelle ou de Marie-Pierre Pruvost (Bambi).

Revenons donc à cet article canadien fort intéressant. En cela, la presse anglo-saxonne, américaine, canadienne est très intéressante car elle aborde des sujets que nous, pauvres français, bien en retard sur le sujet, n'osons même pas frôler de peur de traumatiser ou de heurter les personnes dites "bien pensantes". Alors ma réponse est la suivante :"oui". Les hommes attirés par les personnes "comme moi" culpabilisent et peuvent aller jusqu'à des actes de violence à notre égard. Je l'ai dit à maintes reprises, être attiré par une personne "ayant suivi un parcours transsexuel" ne fait pas d'un homme un homosexuel ou un pervers (quoi que...). Des pervers, j'en ai rencontrés. Des hypocrites friands de personnes du "troisième sexe" (entendez "non opérées") qui sollicitent des pratiques sexuelles comme la sodomie sous couvert d'une pseudo "féminité" de la personne et qui les déleste de toute culpabilité. Et c'est de cela dont nous souffrons nous autres. Il n'y a qu'à regarder le regard accusateur de certaines personnes (qui ont connaissance de ma situation) lorsque j'arrive accompagnée d'un homme. Il y a quelques années, j'ai eu une très belle relation avec un collègue. Nous devions nous cacher au sein même de notre entreprise. Pour finir, nous avons mis fin à notre relation du fait de sa hiérarchie qui lui a fait comprendre que s'il poursuivant sa relation avec moi, sa carrière serait quelque peu "ralentie" (pour ne pas dire réduite à néant). Tout comme la mienne d'ailleurs !

Avoir un rapport ou une relation avec une personne "comme moi" semble être un pari, quelque chose de sacré, la quintessence de l'interdit. Je le vois souvent dans le regard des hommes. Je suis une personne médiatique et fortement médiatisée. Un personnage emblématique de la communauté que je représente. Il n'y a qu'à faire une recherche sur Google ou autre me concernant pour s'en rendre compte. Mon secret n'en est plus un, pour personne. Je l'assume. Mais je défie quiconque de porter atteinte à mon intégrité physique et mentale au prétexte que je suis "une femme comme ça". Je pleure lorsque je lis dans les médias qu'une femme a été assassinée sur un lieu de prostitution, tuée de sang froid alors qu'elle pratiquait une fellation sur un client par 7 coups de couteaux et retrouvée le lendemain matin. Je pleure lorsque je vois des photos de ces femmes battues à mort parce que trans (j'ai été moi-même victime de violences conjugales et je sais ce que cela représente). J'ai envie d'hurler devant l'hypocrisie de certaines personnes qui, au prétexte de leur statut social réfutent n'avoir jamais eu une relation quelle qu'elle soit avec une travailleuse du sexe trans...

Oui, nous sommes victimes, oui nous sommes stygmatisées, oui nous avons des afficionados qui n'avouerons jamais leur attirance pour les femmes "comme nous". Mais qui, un jour, aura le courage d'avouer qu'il aime une personne "comme moi" ? Non parce qu'elle est "ce qu'elle a été", mais pour ce qu'elle est au présent, dans sa personnalité, dans sa féminité, dans son genre ? J'ai "aimé", mais je doute de ne l'avoir jamais été en retour.

Aujourd'hui je peux vous le dire, en toute honnêteté, en toute sincérité : non mesdames, vous ne serez jamais aimées pour ce que vous êtes, mais pour ce que vous avez été et ce que vous représentez. Pardonnez moi ce triste constat. Ne nous mentons pas plus longtemps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16 juillet 2017

Y'a t'il un travesti dans l'avion ?

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C'est fou comme les gens peuvent être méchants, aigris, jaloux, idiots, bêtes, incultes et j'en passe...

22 ans que je travaille dans cette entreprise (que je ne nommerai pas car tout le monde sait pour qui je travaille) et 17 ans que je suis revenue dans ma nouvelles identité et pourtant, je suis toujours confrontée aux mêmes personnes, méchantes, aigries, jalouses, idiotes, bêtes, incultes et j'en passe...

Un évènement récent est venu perturber ma sérénité, et toute l'estime de moi que j'avais mise 5 ans à reconstruire à l'issue de mon divorce et des horreurs qu'avait pu me dire mon ex-époux. 5 ans que je rebâtissais, petit à petit, pas à pas, cette certitude qui était la mienne. J'étais devenue "madame-tout-le-monde" et c'était mon souhait le plus cher. Cette dame qui fait ses courses au supermarché, promène son petit chien, dîne chez des amis, sort au cinéma, et tout cela dans l'anonymat le plus total. Jusqu'à cette conversation, à 10.500 mètre d'altitude :

-" tu sais, mon mari voyageait sur ton vol l'autre jour entre Berlin et Paris. Il m'a appelé et m'a demandé depuis quand on embauchait des travestis dans notre compagnie".

Sur le moment, je suis restée quelque peu perplexe. Sans que j'ai pu de mon côté en placer une, elle reprend :

-"oui, parce que soyons honnêtes, tu es grande, et ton visage est carré, tu sors du lot, on ne voit que toi dans l'avion. Et puis tu as été médiatisée, trop peut-être".

Et là, moi qui suis connue pour avoir ce que l'on appelle du "répondant", je n'ai pas su quoi lui dire. Déjà parce que nous allions atterrir, et puis parce que je me suis sentie soudainement tellement mal. Comme cela ne m'était pas arrivée depuis.... oh, des lustres ! Alors j'ai refait l'inventaire de ces 17 dernières années. Il y avait bien longtemps que l'on ne m'avait pas assimilée à un "travelo" (c'est en ces termes que j'ai reçu des lettres de menaces de mort il y a plusieurs années déjà). J'ai repris tout ce que j'avais mis en place afin de me fondre dans la masse. La chirurgie esthétique, le changement d'environnement, le changement de... tout ! Et là, comme si de rien n'était, ma collègue me balance au visage, sur mon lieu de travail, ce qui semble être pour elle un discours anodin, son analyse d'une situation qu'elle ne connaît absolument pas, la pauvresse. Je me suis bien gardée de lui faire un discours sur la trans-identité, je n'en avais ni le temps... et je venais surtout de perdre tous mes moyens. Je suis retournée m'asseoir, éberluée par ce que je venais d'entendre.

De vous à moi, je vis cela quasiment au quotidien lorsque je suis sur mon lieu de travail. L'été dernier, un collègue m'a proposé de l'argent car il n'avait jamais "essayé avec une trans". Je lui ai poliment répondu qu'il pouvait se rendre sur les boulevards des Maréchaux, près de la Porte de la Chapelle et que des "dames", très sympathiques, feraient volontiers cette besogne à ma place et à un tarif défiant toute concurrence. J'étais bien trop chère pour lui ! Il a eû l'intelligence de ne pas poursuivre.

Il y un autre de mes collègue, un brave garçon (traduisez : "un pauvre type") qui me sollicite sans cesse afin que je lui montre "ma chatte et mes seins".  Je prends cela à la rigolade, sauf que cela ne me fait plus rire du tout... j'en parlais dernièrement avec des collègues nées biologiquement "femmes" qui me disaient de ne pas en prendre ombrage parce que cela leur arrivait aussi fréquemment. 

J'étais dernièrement confrontée à un changement de hiérarchie. Mon interlocutrice qui se voulait réconfortante me dit : "pour gérer une personne comme toi"... Oups. Elle s'est vite reprise : "ce n'est pas du tout ce que tu penses ; je parle de ton expérience, de tes années de présence dans l'entreprise". Elle a eû raison de se reprendre parce que je ne laisse plus rien passer. C'est quoi "une personne comme moi" ? D'ailleurs, mes interlocuteurs ont un comportement tellement bizarre, comme si j'étais venue d'une autre planète, comme si je ne comprenais pas leur langage.

Parlons avancement professionnel. Je me souviens de ce RRH (Responsable des Ressources Humaines) qui m'avait dit : "estimez vous heureuse d'avoir un travail. Vous êtes mieux dans un avion chauffé plutôt qu'au bois à vous peler les miches". C'était en 2001 et ses mots résonnent encore dans ma tête. D'ailleurs je ne manque pas de le leur rappeler. Nous sortons de six mois de procédure pour "harcèlement" et "souffrance au travail". Les personnes présentes lors de cette réunion semblaient découvrir tout ce que j'avançais (et dont je vous ai parlé dans mes précédentes publications pour celles et ceux qui me suivent). D'autres savaient que j'étais arrivé à la limite de ce qui était supportable. Si notre pays ne comptait pas tant de chômeurs et si le marché du travail était florissant, il y a bien longtemps que je leur aurait donné ma démission. Mais les choses sont ce qu'elles sont. Et puis en tant que femme ayant un passé de "transsexuelle", j'ai peu de chances de me voir offrir un travail (une amie est restée 4 ans au chômage après son changement d'identité).

J'ai donc définitivement abandonné l'idée de passer au grade supérieur. D'hôtesse à chef de cabine. La suite logique dans une carrière comme la mienne si vous vous y connaissez un peu en aéronautique. La "chef de cabine" étant la personne qui supervise les équipages dans l'avion. Pourquoi ? Parce que je suis lucide et je sais que l'on m'attend au tournant. On ne me laisse aucune marge d'erreurs et dans un poste comme celui de "chef de cabine", je me retrouverai en contact directe avec les pilotes. Ceux-là mêmes qui se permettent de me débarquer au prétexte qu'ils "ne veulent pas de travelo dans leur avion". Alors j'ai mis une croix sur ma carrière. Ils ne savent pas ce qu'ils perdent. C'est mon point de vue et ils ne semblent pas le partager. Selon eux, c'est une décision "raisonnable". Cependant, si quelqu'un avait eu un tant soit peu de poids et de tempérament, il m'aurait passé directement "chef de cabine" afin de faire la nique à mes détracteurs.

J'ai perdu mes certitudes et mon estime en quelques minutes, le temps d'un atterrissage... depuis lors, je me regarde sans cesse dans le miroir (chose que je ne faisais plus depuis des lustres) ; je me réveile la nuit ; dans mes rêves, on me poursuit en criant : "travesti, travesti"... je regarde toutes les photos prises de moi par les plus grands photographes ; je demande à mes proches si je ressemble vraiment à un "travesti". Je doute, je souffre, j'ai mal...

Je venais justement de donner une interview pour le magazine en ligne "8è étage" intitulé "La vie au bureau côté trans". Je l'ai même adressé à mon employeur qui n'a rien trouvé à redire, et pour cause !

Alors je me demande : est ce de la méchanceté ? de l'ignorance ? de la connerie ? Certes, je ne suis pas une femme génétique, mais je vaux certainement bien plus que mes détracteurs ET JE LES EMMERDE !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 mai 2017

Alone.

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"Alone" est le titre d'une chanson d'un groupe de rock féminin des années 80, "Heart". J'ai découvert ce groupe il y a une vingtaine d'années, avec un autre titre, très avocateur également, "If look could kill". C'est aussi pour moi le souvenir d'une belle rencontre, de promenades autour du lac d'Enghein-les-bains et de papillottes de saumon aux petits légumes. Bref.

C'est le moment des souvenirs. 51 ans. On regarde devant soi. Derrière soi, on se demande comment on en est arrivé là. C'est abyssale ! Un demi siècle. Trois vies. Et des aventures à n'en plus finir. Mon grand-père maternel dont j'ai été séparée en raison de querelles familiales me disait un jour, le peu de fois où il m'a été permis de le voir : "il faut se faire de beaux souvenirs car quand on vieillit, ils aident à vivre". Il n'avait pas tort. Cependant, il ne faut pas vivre dans le passé ni s'y accrocher, mais parfois c'est tellement confortable. Le souvenir d'une rencontre, d'une étreinte, d'un dîner, de rires autour d'une table, d'un voyage, de paysages lointains, d'anecdotes... surtout lorsque l'on se sent terriblement "seule", "Alone".

J'ai apprivoisé la solitude depuis mon divorce en 2013. Il y a une différence entre la "solitude" et l'"isolement" même si, vivant en grande banlieue, je dirai que je me sens parfois "isolée". Je suis une parisienne née, alors Paris aura toujours dans mon coeur une place très privilégiée. La solitude, c'est se dire que l'on est certes entourée, mais que certains moments sont plus pesants à vivre que d'autres, voir à appréhender. Un problème de santé, un imprévu, une envie soudaine de se sentir soutenue, aimée, désirée, choyée. Et là, vous vous prenez la solitude en pleine figure. Quoi que si je me penche sur mon passé, même mariée avec deux enfants, je me suis sentie parfois bien seule, voir isolée.

La solitude est un phénomène nouveau pour moi. J'ai toujours été très entourée, aimée, adulée même parfois. Mais ça, c'était il y a longtemps ! Un proche me disait dernièrement que je n'étais pas un cas "désespéré" : "tu es une belle femme, pétillante, drôle, tu as un bon boulot". Certes, mais cela ne fait pas tout. Etre le porte-drapeau de toute une communauté, une exemple de réussite pour certains, ne fait pas de moi pour autant une femme qui croûle sous les demandes de rencontres et l'âge aidant -et je le constate dans mon entourage- une femme de 50 ans a bien moins de chance de refaire sa vie qu'une femme de moins de 30 ans. Qu'on se le dise. J'ai tenté de me "rapprocher" de la gente masculine. Ces messieurs ne voient en moi qu'un fantasme, une créature fantasmagorique. "Une image de magazine sur qui on éjacule" disait Stella Spotlight dans Starmania (pour ceux qui connaissent cette magnifique comédie musicale de Michel Berger et Luc Plamandon). "Coucher" ne semble pas être un problème pour les femmes de mon "genre". Mais garder un compagnon de vie semble mission impossible. J'ai essayé les sites de rencontres ; les soirées privées, les blind-date organisés par des amis qui "avaient-quelqu'un-de-super-à-me-présenter". Au secours ! Quant à mon univers professionnel, j'ai déjà du mal à me faire accepter en tant que personne, alors en tant que potentielle femme célibataire à la recherche d'un compagnon, c'est inimaginable.

Lorsque je dis que j'ai apprivoisé ma solitude, j'entends que je la gère. Tant bien que mal. Rien ne peut remplacer une étreinte, un baiser, la chaleur d'un corps contre le vôtre. N'y voyez rien de sexuel, juste quelque chose de charnel. Un contact, tout simplement. J'ai fort heureusement suffisamment de caractère pour ne pas m'apesantir sur mon sort et toujours trouver le moyen de rebondir... dans la vraie vie, celle de tous les jours ; mais dans ma vie privée, lorsque je ferme la porte de mon appart'hôtel derrière moi, je me dis qu'une présence, indépendemment de celle de mon compagnon à quatre pattes, serait la bienvenue. Même si mon Jack Russel est d'un énorme soutien moral. Son Amour est sans faille, ses yeux ne me jugent ni ne mentent jamais et l'affection qu'il m'apporte m'est bien plus chère qu'une escapade d'un soir avec un inconnu qui ne me laissera que des regrets, de l'amertume et des larmes. J'en ai fait dernièrement l'expérience...

Je ne suis pas passée non plus par les travers de la "consommatrice compulsive". Même si je donne l'image d'une femme un peu "bourgeoise" et très distinguée, je dirais que je vis "chichement". Je fais preuve d'une grande abnégation dans ma vie quotidienne. Il n'y a pas de place pour les personnes qui n'en valent pas la peine ; j'ai appris bien malgré moi à me méfier des prédateurs potentiels et je m'en éloigne bien vite. Avoir été confrontée à un pervers narcissique m'a donnée toute l'amplitude à les détecter dès les premières minutes et je fuis à grands pas. J'ai compris que je n'étais pas une "femme comme les autres", de part mon passé, de part ma manière à appréhender les choses, les évènements, à les gérer, à donner des réponses à d'éventuels personnes qui se mettraient en travers de mon chemin. Je me sens comme une vestale, invinscible parfois. Mais cette solitude, qu'elle me pèse !

Il n'y a jamais vraiment eû beaucooup d'Amour autour de moi. J'ai peu de souvenirs de mes parents. Les souvenirs de mes tuteurs sont bien pire encore. Ma famille : quelle famille (et pas seulement parce qu'elle était absente, mais aussi parce que cette famille ne semblait pas être la mienne). Alors je sais peu de choses de l'Amour avec un grand "A". J'ai été aimée, j'en suis certaine, par deux personnes au moins : Marc* et probablement un peu par l'homme avec lequel j'ai partagé un temps ma vie avant mon mariage. Quand je regarde autour de moi, tous sont en instance de divorce. Des divorces "à l'amiable" (comme le mien) et qui tournent au cauchemar. L'argent, le fric, les pèpètes... plus rien ne compte et les sentiments sont bien vites remplacés par l'appât du gain, de ce que l'on va bien pouvoir soutirer de l'autre lors de cette séparation. Et je sais de quoi je parle !

Alors celui qui chantait : "la solitude ça n'existe pas" était un menteur ou alors il se voilait la face parce qu'il ne voulait pas voir la réalité. Car la solitude est insidieuse. Vous rentrez d'un dîner, heureuse de ces instants partagés, et la porte de votre appartement se ferme derrière vous, vous accomplissez les gestes du quotidien et votre lit vous semble bien vide. Une présence, la chaleur de l'autre, des carresses, un baiser, quelques mots échangés, cela semble peu, mais c'est vital. Parce que l'homme n'est pas fait pour vivre seul. Après le 1 il y a le 2 et les chiffres sont faits pour s'additionner. On ne peut pas demeurer "1" jusque la fin de ses jours.

J'ai suivi ma tutrice jusqu'à sa mort. Pour le coup, elle a vécu la solitude lorsque son époux est décédé et l'isolement de la maison de retraite au fin fond de l'Yonne. Et voyez vous, même si je n'ai pas toujours été en accord avec mes tuteurs, je prends maintenant l'ampleur de ce que pourraît être ma vie dans les 20 années à venir : finir seule, éloignée de tout, dans une maison de retraite paumée au fin fond de je ne sais où. Et encore, elle a pu s'offrir ce "luxe" de la maison de retraite grâce à sa pension, mais qu'en sera t'il de moi dans 20 ans à l'allure où vont les choses ? Car aujourd'hui tout semble si fragile. Cet équilibre que j'ai connu il y a 30 ans n'a plus sa place. Tout peut basculer d'un jour à l'autre. Et la solitude ? Puis-je la rompre ? Comment ? Il y a forcément dans cette vie un homme, une personne, quelque part. Cela fait 25 ans que je parcours le monde et je n'ai pas encore trouvé cette personne. Mon ex-mari était un pis-aller, une relation "à l'amiable" qui n'a durée qu'un temps, mais ce n'était pas l'homme de ma vie. D'ailleurs je me demande toujours si je l'ai réellement aimé. Simplement m'a t'il donné la sensation que je ne vieillirai pas seule...

Alors je l'attends, cet être qui saura m'aimer, m'apprécier pour ce que je suis, avec mon passé, mon caractère, mes certitudes et mes doutes. Mais de grâce monsieur, ne me chantez plus "la solitude ça n'existe pas". Vous mentez !

 

* in "Carnet de Bord d'Un Steward Devenu Hôtesse de l'Air".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

18 avril 2017

Les fachos sont de sortie.

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A cinq jours des élections présidentielles, il semblerait que les gens se lachent... et deviennent par là-même très lâches ! Même sur les sites de rencontre...

J'en veux pour preuve les propos d'un monsieur dont le pseudo "inconnu-75" (on aimerait bien qu'il le reste) m'ont rappelé que la plupart des gens n'aiment pas ce q'uils ne comprennent pas parce que ça leur fait peur. Notre quidam en est la preuve. Pourtant, je ne lui avais rien demandé à ce monsieur, sinon qu'il reste un "inconnu" parce que sincèrement, je ne serais jamais allée le chercher. Je suis célibataire depuis mon divorce, mais ni morte de faim ni désespérée... et par choix aussi, qui sait ?

Faire l'apologie du "bio" et du maïs transgénique me semble disproportionné et bien mal à propos sur un site de rencontre. On y vient... pour y rencontrer des personnes, qui partagent les mêmes valeurs, la même envie de faire une belle rencontre, de passer un moment agréable voir "plus si affinités". Et voilà que notre "inconnu-75" se permet de vouloir me coller dans la case "trans", comme ça, parce qu'il n'aime pas les "modifications génétiques". Mais de quel droit ? Vous remarquerez également l'emploi du "masculin" et l'ignorance sur le sujet qu'il semble vouloir maîtriser à merveille. Je serais tentée de dire que fort probablement il s'est fait avoir une fois et que cela lui est resté en travers de la gorge. Oh que je suis méchante !

Les fachos sont donc de sortie. En Tchétchénie avec la réouverture de camps de concentration pour homosexuels, en Ukraine (les nazis ne sont pas en voie d'extinction, quel dommage) et on sent monter en France comme un relent d'extrêmes qui attendaient dans l'ombre de pouvoir se montrer au grand jour. C'est leur moment de gloire. Ils peuvent enfin se montrer sous leur vrai jour. Tout est permis : bastonnades de pédés, agressions de trans, qu'elles soient verbales ou physiques, on peut craindre le pire. Je lisais dernièrement qu'une femme transsexuelle est assassinée tous les trois jours dans le monde. 262 en 2016... ça fait froid dans le dos. "inconnu-75" irait il jusqu'à commettre l'irréparable, touché dans sa virilité parce qu'une belle grande brune sexy qui se présente à lui sur un site de rencontre n'est pas née "biologiquement femme" et n'a pas honte de l'annoncer sur son profil parce qu'elle assume ce qu'elle est et souhaite plus que tout ne pas être confrontée à d'autres "inconnu-75".

Car oui, j'assume. Posez moi la question et je vous répondrai sans détours que je ne suis pas une femme "bio". Je ne le revendique pas, mais je ne m'en cache pas non plus. A quoi bon mentir ? Mon passé est ce qu'il est ; j'ai vécu 35 ans dans un corps masculin et la chirurgie m'a rendue ce que Dame Nature ne m'avait pas donnée. Je n'ai causé de tort à personne. 

Comme cette réaction est étrange, vraiment. Qui êtes vous donc monsieur "inconnu-75" pour me juger, me demander de me mettre dans un catégorie à laquelle je n'appartiens pas. Ah, et puis l'orthographe... je suis intraitable sur l'orthographe et les fautes de grammaire et de syntaxe. J'y tiens à mon Bac L. Alors de grâce, monsieur "inconnu-75", relisez vous avant de cracher votre venin, votre haine, votre xénéphobie. Vous aimez vous vous même ? A la lecture de votre profil, tout n'est que contradiction et "sens interdit". Restez donc chez vous, à ruminer votre haine de l'autre, votre triste vie, vos espoirs qui n'ont pas aboutis. Je vous imagine fonctionnaire, aigri, haineux de la réussite des autres, ressassant à longueur de journée votre rancoeur et votre mépris à l'égard de vos congénères. Vous me rappelez un agent des impôts qui m'a mené la vie dure il y a quelques années... derrière son guichet, son regard désaprobateur, me jaugeant comme si j'étais une bête de cirque immonde et indigne d'être exposée à sa vue, pauvre type derrière sa vitre de verre et son clavier.

Compassion, voilà ce que vous m'inspirez. De la compassion et nous savons vous et moi qu'éprouver de la compassion pour son prochain est la pire des choses... Alors ayez la gentillesse de passer à la fiche suivante. Il y a probablement une jolie jeune femme "bio", blanche, de bonne famile, française depuis plusieurs générations qui saura vous faire plaisir... on ose imaginer de quelle manière -sourire-

La vie est parfois bien faite. Au moins je me dis que du fait de ma situation, j'évite les cons. Et vous faites partie de cette catégorie, hélas. La vie m'a énormément gâtée ça vous pouvez me croire. Mais vous... 

Pauvre type.