28 avril 2009
"C'est tout la sécu, ça rentre pas dans les cases"...
Que signifie pour vous le fait d'être "assuré social" ? Personnellement, je cotise à la Caisse d'Assurance Maladie depuis l'âge de 18 ans, depuis mon premier job en fait.
J'en ai à présent 43. Les années passant, l'âge aidant, on a des petits bobos. Moi par exemple, j'ai une dégénérescence d'un disque lombaire, et de l'arthrose aussi. Le dos, le mal du siècle. J'ai aussi une assurance complémentaire, que je paie cher : 97 Euros par mois, "au cas où"... on ne sait jamais ce qui peut arriver, on est à l'abri de rien. Tiens, en septembre dernier, je suis tombée sur un vol Paris-Milan : turbulences de ciel clair.
Hop, un Perrier à la main, je me suis "envolée" et suis tombée à plat dos, la tête sur la porte de l'avion.
Aïe ! Cervicalgie post-traumatique.
Deux mois en "accident du travail" et une reprise en mi-temps thérapeutique. Ah 2008, quelle année (voire "Sursis"). 2009 s'annonçait-elle aussi médiocre que 2008 ? Non, je laissais tous ces mauvais souvenirs derrière moi. Ben non ! le 31 décembre, impossible de me mouvoir. Le 05 février j'étais hospitalisée pour cinq jours : lumbosciatique invalidante. Plus de jambe gauche... Morphine, piqûres, je suis sortie après cinq jours avec un traitement d'un mois et de jolies béquilles bleues. Depuis lors, je n'ai pas repris le travail.
La Sécurité Sociale a mis plus de quatre mois à me règler mes indemnités journalières. Mon compte en banque a fait un bond ! quant à mon assurance complémentaire, elle ne veut pas me rétribuer parce que je n'ai été hospitalisée que cinq jours et que le minimum pour être pris en charge est de sept jours.
Bon, je sais, la France traverse une crise ; et pas seulement la France, c'est mondial, on vous le dit tous les jours. Pis encore. Je suis convoquée à la Sécurité Sociale pour une visite de contrôle. la doctoresse était charmante ; la veille, elle avait vu une de mes collègues pour un problème d'épaule, alors elle était à peu près au courant des aléas de mon métier (je dis bien "à peu près"). Bon, les cervicales prises en accident du travail en septembre 2008 c'est une chose, "mais pourquoi votre médecin traitant n'a pas pris votre lumbosciatique en accident du travail". Oui, c'est vrai, de cause à effet, les cervicales et les lombaires ont été touchées puisque je suis tombée de toute ma hauteur. MAIS (car rien n'est jamais simple), le rapport du médecin urgentiste de Roissy a écrit "chute de toute sa hauteur sur la tête avec douleur cervicale". Il aurait du écrire "chute à plat dos" et là ç'aurait été pris dans la continuité de mon accident du travail de septembre 2008.
La doctoresse d'ajouter : "on ne veut pas vous lèser dans votre prise en charge, je vais soumettre le dossier à mes supérieurs". Remarquez, ça partait d'un bon sentiment.
Du vaudeville je vous dis ! Je vous réserve le meilleur pour la fin. Début 2009, je reçois le courrier suivant :
"Madame, La Caisse d'Assurance Malade a procédé à un examen de la situation des assurés pour lesquels le nombre d'arrêts de travail a été supérieur ou égal à 3 sur une période d'un an. Suite à cette étude, il apparaît que vous avez interrompu votre activité professionnelle à 3 reprises entre le ..........
La Caisse d'Assurance Maladie dispose d'un plan de contrôle des arrêts de travail. A ce titre, votre prochain arrêt pourra être soumis à l'examen attentif de notre Service Médical. Je vous prie d'agréer, Madame, etc..."
Alors là, l'assurée sociale que je suis, qui n'a bénéficié d'aucune aide au cours de son changement d'identité, et qui paie encore les crédits d'interventions chirurgicales datant maintenant de 8 ans, a pris sa plume et répondu à Madame Sécurité Sociale. La réponse est tout aussi extravagante que le courrier précédent :
"Madame, vous avez réagi vivement à mon courrier (...). Votre réponse démontre que, sensibilisée, vous l'avez été, même si vous n'êtes pas concernée par la pratique de l'arrêt abusif (...)"
Une chose m'a toujours choquée : l'"assurance veuvage". Je suis célibataire, j'ai 43 ans, et je cotise depuis mes 18 ans pour une assurance qui ne me concerne pas puisque je ne suis pas mariée. Par encore du moins. Dernièrement, certains de mes médicaments ne sont plus pris en charge à 100% : ceux de mon traitement hormonal de substitution. Je dois prendre ce traitement à vie. Ni une ni deux, j'ai écrit à Roseline (Bachelot). Son secrétaire de cabinet m'a adressée une jolie lettre. Toutes les pathologies sont concernées, que vous ayez un cancer ou la grippe, vous serez traités de la même manière. La réforme de la Sécurité Sociale, merci Roseline !
"La Sécu c'est bien, en abuser c'est pas bien" ou un truc du genre, vous vous souvenez de la pub ? Je suis d'accord, mais lorsque vous en avez vraiement besoin, c'est un umbroglio de paperasse, de démarches et de tracas. Malade+tracasseries = pas bon ménage. Je vais vous en apprendre une bien bonne : si je venais à perdre mon travail, je serais classée parmi les "serveurs/ses" au Pôle Emploi. J'ai intérêt à y remonter dans mon avion et à m'accrocher pour ne pas me retrouver dans la situation dans laquelle je me trouve actuellement !
Sur ce, je retourne me coucher -10h42- je viens de me lever et mon dos ne supporte déjà plus la position assise. Comme me l'a dit le docteur à l'hôpital : "Vous savez, l'expression "en avoir plein le dos", c'est certes imagé, mais cela résume très bien la situation dans laquelle vous vous trouvez actuellement" !
20 avril 2009
Sénégal, les homosexuels traqués.
"j’ai été violé en prison, c’était horrible"
Un homosexuel en prison est dans un sérieux pétrin. Il est opprimé, brimé parfois même violé. En atteste le témoignage d’un gay qui a eu à faire trois mois en prison pour acte de «contre nature». Avec le sobriquet d’Omar, il a accepté de se prêter aux questions de nos confrères de Canal plus dans le cadre d’un documentaire diffusé dans l’émission «l’effet papillon».
Un homosexuel en prison est dans un sérieux pétrin. Il est opprimé, brimé parfois même violé. En atteste le témoignage d’un gay qui a eu à faire trois mois en prison pour acte de «contre nature». Avec le sobriquet d’Omar, il a accepté de se prêter aux questions de nos confrères de Canal plus dans le cadre d’un documentaire diffusé dans l’émission «l’effet papillon».
Les homosexuels sont dans de sales draps au Sénégal. Le pays de la
Téranga dont sa population est 95% musulmane ne tolère pas les actes de
contre nature et les déviations sexuelles. Les gays qui ignorent cela
l’ont appris à leurs dépens. Ceux qui ne se cachent pas et qui exhibent
leur homosexualité publiquement sont pourchassés, lynchés, brimés et
marginalisés. Même si cette tendance est en perte de vitesse par
rapport à jadis, elle est encore en vigueur dans certains quartiers et
localités du pays. Le documentaire réalisé par Canal plus l’a prouvé.
En effet, dans ce reportage un
homosexuel qui se fait appeler Omar a témoigné : «c’est dangereux (de
circuler dans la rue) parce que je suis tout le temps entouré par des
personnes qui me détestent ou qui détestent mon orientation sexuelle.
Quand je marche dans la rue, je fais très attention. Je zieute partout
pour voir s’il n’y a pas des gens autour de moi qui me connaissent».
Le jeune homme de teint noir et svelte
de raconter son calvaire en prison. Il a été embastillé pour une peine
de trois mois ferme. Omar était enfermé dans une cellule en compagnie
d’une centaine de détenus. «Si tu te laisses sauter, le matin la
personne qui t’a sauté te laisse prendre ta douche. Ils font ça sans
capote», a-t-il confessé. A l’interpellation du journaliste, il va plus
loin : «j’ai été violé en prison c’était horrible. C’était la première
fois que j’avais vécu une telle chose dans ma vie. Je ne l’oublierai
jamais». Omar de rapporter : «ils disent que l’homosexualité est très
grave et qu’on doit tuer les personnes qui ont un penchant homosexuel».
Ces témoignages de Omar sont corroborés
par les propos de Me Issa Diop, militant des droits de l’un des avocats
des neuf homosexuels qui ont écopé une peine de huit ans de prison
ferme le mardi 6 janvier dernier au tribunal régional de Dakar.
L’auxiliaire de justice de relater ce qu’endurent ses clients gays.
«Ils ont eu des difficultés à l’intérieur (de la prison) notamment avec
les codétenus qui n’hésitent pas à les insulter, à les isoler, et à les
traiter de n’importe quoi. Nous ne pouvons pas nous permettre de créer
des minorités qui peuvent demain être persécutées et même être envoyées
à la potence par la vindicte populaire».
Pour rappel la peine de huit ans
infligée à ces neuf homosexuels arrêtés en décembre à Mbao (banlieue de
Dakar) pour "acte impudique et contre-nature et association de
malfaiteurs" a soulevé l’ire de la communauté internationale, notamment
de la France.
En Conseil des ministres, le président
de la République française, Nicolas Sarkozy avait fait part de sa "vive
émotion, sa préoccupation". Alors que la ministre de la Santé s'était
dite "carrément indignée". Roselyne Bachelot avait demandé à son
confrère des Affaires étrangères, Bernard Kouchner d'intervenir auprès
des autorités sénégalaises pour "obtenir la libération des neuf
homosexuels emprisonnés au Sénégal".
(* Source C+).
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Je suis consternée ! Que de souvenir à Dakar lorsque j'éffectuais les vols sur l'Afrique et le Moyen-Orient. Au fil des années, des agressions, j'ai changé de secteur de vol. Adieu la Pointe des Almadies, les soles meunières chez "la bretonne", les karaokés jusqu'au milieu de la nuit et les bains de minuit à l'hôtel. J'ai vu monter l'intégrisme,je ne me suis plus sentie la bienvenue dans cette escale. Obligée de me retrancher dans ma chambre d'hôtel, de bloquer les portes avec les moyens du bord (une chaise) et espérer que le garçons d'étage n'arrive jusqu'à la salle-de-bains sous des prétextes fallatieux pour me voire nue et me proposer des extras, moyennant finance évidemment. Sans compter "les cousines" dans le lobby qui tentait leur chance en frappant à la porte : "c'est l'amour qui frappe à ta porte". Un amour tarifé et dangereux puisque 90% d'entre elles étaient séropositives et n'utilisaient pas de moyen de protection. Combien de fois ai-je glissé des préservatif dans les poches de mes collègues masculins friands d'une peu d'exotisme. Au moins, j'avais l'esprit en paix. Je me souvient d'un collègue arguant du fait que le sida c'était "une affaire de pédé". Quelque divité qu'elle fût devait être avec lui ce jour là puisque je l'ai rencontré dernièrement -apparemment- en pleine santé !
Je suis consternée par ce que j'ai vu aux informations internationales. L'Immam s'exprime à la mosquée : si le jeune homosexuel est "pris jeune", il subira 500 coups de fouets ; par contre, s'il est plus âgés, il sera emprisonné et risque la peine de mort. Nous sommes en 2009. Et si encore cela était le -triste- sort des homosexuels, qu'en est-il du droit des femmes dans ce pays ? Que dit le Coran ? Serait-il arrangé à la "sauce Immam" ? Parce qu'après tout, il faut bien une tête de turc pour "faire passer" toutes les misères du monde !
J'ai aimé le Sénégal, le Maroc, la Tunisie. J'ai fait l'expérience d'un vol sur la Médina : never ever ! Et c'est grand dommage, car le maghreb est un pays magnifique, au même que l'Afrique de l'Ouest, mais je condamne fermement ce qui s'y passe actuellement. Je souhaite de tout coeur que les gouvenement fassent pressions afin que ces 9 malheureux soient relaxés et puissent vivre la vie qu'ils ont choisie.
J'imagine le sort des transsexuelles dans ce pays qui doivent faire la joie de prisonniers "normaux" dans les geôles de ces pays touchés de plein fouet par un fanatisme aveugle et le taux de sida que l'on connaît sur le continent Africain : merci Benoît !
Y'a t'il un bar gay à Dakar, Marrakech ou Tunis ? Je n'en sais rien mais quoiqu'il en soit, si vous avez choisi de passer vos vacances dans l'un de ces pays, je vous conseille la prudence. Marrakech est connue pour son tourisme sexuel au masculin, alors, de grâce, protégez-vous et jouez la discrètion même si la marrakchis sont à se damner (pour les messieurs qui apprècient la compagnie d'autres messieurs).
Messieurs les politiques, les ministres, les ambassadeurs, consuls et autres grosses légumes, mobilisez vous et sortez de ce pétrin ces 9 pauvres hommes dont la seule faute est d'aimer une personne du même sexe...
12 avril 2009
12 avril 2001/12 avril 2009
8 ans. Ce n'est rien dans la vie d'une femme de 43 ans, mais ce sont les plus belles années de ma vie que je suis en train de vivre. 8 ans que le chrysalide est devenue un papillon. 8 ans, avec des hauts et des bas, des espoirs et des déceptions (surtout ces derniers temps, merci Madame B !). Mais 8 années d'une folle envie de vivre, de rattraper le temps perdu ; 8 années pour rattraper les 35 précédentes ; 8 années pour enfin pouvoir envoyer ballader tout ce qui ne ne me convenait pas ; 8 années d'un combat certes, mais quel combat. Ma vie tout entière aura t'elle été un combat ? Aurais-je un jour l'opportunité de me poser et de savourer ma vie de femme ? 8 années de reflexion, à essayer de rassembler les pièces du puzzle qui constitue ma vie. 8 années d'illusions et de disillusions amoureuses jusqu'à l'arrrivée de mon "Mister Big". 8 années d'amitiés plus ou moins fructueuses. 8 années à fermer les yeux parfois pour oublier le passé. 8 années pour convaincre et vaincre la stupidité de l'autre. 8 années de rires et de larmes. 8 années d'errance avant d'en arriver là aujourd'hui. 8 années, c'est peu, mais long à la fois dans une vie de 35 ans qui était un calvaire ! 8 années à apprendre, à comprendre, à prouver la femme que je suis. 8 années Andréa. Happy Birthday and Bravo, you made it !
23 mars 2009
Ne me quitte pas.
Je veux vivre et être heureux avec ma nouvelle famille …
Les déclarations d'amour pour toujours ne sont jamais ridicules quand elles s'accompagnent d’une demande en mariage.
J’avais écrit un article il y a quelques mois sur ton blog pour pousser un coup de gueule contre les gens qui ne comprennent pas que je sois amoureux d’une femme « pas comme les autres » et crier mon amour à la femme avec laquelle je partage ma vie.
Et oui déjà 3 ans que nous partageons nos vies.
Dès notre première rencontre, nos discussions, j’ai su qu’il se passait quelque chose entre nous, malgré tes nombreux secrets de ta vie passée. Mais le plus important c’est l’avenir et non le passé pour pouvoir construire une belle histoire d’amour et durable jusqu’à la fin des temps.
Tu es la femme de mon cœur, tu es rentrée dans ma vie et celle de mes enfants qui t’aiment comme leur «Belle mère rigolote «.
Depuis quelques temps, malgré les hauts et les bas, mon désir de toi de ta présence devient de plus en plus fort et pour cause car nous traversons une tempête.
Je voudrais te dire pars ces quelques lignes, que je t’aime au delà des mots.
J’aime ton sourire, tes lèvres, ton regard de braise avec cette lueur pétillante comme des bulles de champagne et cette magie que tu as dans les yeux quand tu es heureuse.
Aujourd’hui comme dans tout les couples il y a des hauts et des bas (c’est la vie), mais il est difficile de vivre dans l’incertitude d’un lendemain et tout ça parce que les choses changent, que le passé revient de temps en temps malgré nous et que les « ex » font parfois des erreurs de jugement et nous entrainent dans des procédures difficiles (procès), ce qui rend amère la vie de tous les jours aussi bien d’un côté que de l’autre.
Ce n’est pas une raison de vouloir quitter l’homme que l’on aime.
J’avais l’attention de me marier en Juillet 2009 avec l’accord de ma compagne et aujourd’hui à 3 mois du mariage les choses ont basculé dans horreur, car ma compagne ne souhaite plus de mariage à cause des évènements survenus avec mon ex-femme.
J’ai divorcé il y a maintenant quelques années et il ma fallu deux ans pour me reconstruire avec mes enfants et refaire confiance à une femme, car pour moi la confiance est primordiale.
Après mon divorce, c’est vrai qu’à l’époque après 2 ans, je dois avouer que la solitude commencée à peser.
Petite anecdote : Concernant la femme idéale, souvent entre pote, on se pose au moins une fois la question: elle est comment la femme de tes rêves ? Mais depuis que je suis avec Lou Andréa j’ai trouvé la réponse. Je l'accepte comme elle est, avec ses défauts et ses qualités sans vouloir la changer, et par cela, elle m'offre quelque chose de nouveau dans ma vie.
Avec toi je peux être naturel, tu me comprends et tu es là pour moi, comme je suis là pour toi ... Depuis qu'on est ensemble, plus rien ne compte sauf toi et les enfants.
Avec le temps, on s'habitue a tout, et c'est ce qui me fais peur, car j'aimerais me rappeler chaque jour, jusqu'à la fin de ma vie, la chance que j'ai d'être avec toi en espérant que tu penses la même chose.
Mon seul but aujourd’hui, c’est de te donner le maximum de bonheur et une liberté sans que cela nuise à notre couple, ce jusqu'à ce que le destin nous sépare « la mort «
Pour résumer mes pensées, si je devais être un couple, je voudrais être nous.
Je souhaite a tout le monde d'être au moins autant heureux que je le suis, car avec de la patience, on finit par trouver la personne qui nous fais oublier que la vie n'est pas toujours rose, et qui nous donne des ailes pour pouvoir s’évader de temps en temps...
Il n'y a pas de mots assez fort pour dire comme je t'aime...
Aujourd’hui j’ai l’impression au bout de 3 ans de vie commune avec Lou-Andréa que ma vie bascule encore une fois dans l’horreur, alors que nous nous aimons.
J’ai certainement été peut-être trop sur ton dos, mais pour de bonne raison et éloigner « les vilaines bêtes » autour de toi comme tu me l’avais demandé lors de notre première rencontre et pour que tu puisses avoir une vie beaucoup plus sereine que par le passé.
J’ai un ami « hétéro » qui vient aussi de divorcer et depuis son divorce les choses sont encore plus compliquées qu’avant, surtout quand il y a des enfants et une autre femme dans sa vie.
Mais il faut se battre quand on aime vraiment et que vous avez des sentiments pour l’autre.
J'adresse cette lettre à toute les personnes dans cette situation, car je m'aperçois qu'il est très souvent impossible de dialoguer calmement et positivement avec les « ex ». Je trouve dommage d’être obligé de dialoguer par texto, courriel, et pire, par courrier d’huissier pour régler des pseudos soucis et surtout quand cela à un rapport avec les enfants.
C’est dommage !!!
On me reproche de ne pas prendre les bonnes décisions concernant les enfants par rapport à Lou-Andréa etc..... (Mais qui à le droit de juger ce qui est bon ou pas nous concernant).
Je peux comprendre que Lou-Andréa soit fatiguée de se battre et de se justifier pour avoir une vie « normale » avec l’homme qu’elle aime.
Et aujourd’hui elle souhaite me quitter moi et mes enfants à cause de ces situations difficiles et quotidiennes.
Je ne vous cache pas que je suis triste de cette situation car j’ai peur de perdre la femme que j’aime.
Je suis prêt à me battre et signer un pacte avec le diable pour sauver cet Amour et les sentiments que j’ai pour cette femme, quoi que les gens puissent en penser.
Nous avons aujourd’hui tout pour être heureux, des enfants, la santé, un travail, une maison, nos chats et notre chien Djohnson et de l’amour à donner.
Lou-Andréa je t’aime pour le meilleur et pour le pire et serais toujours auprès de toi tant que tu seras là à mes côtés.
J'ai respecté le choix de mon ex-femme qui a souhaité me quitter malgré tout l'amour que j'avais pour elle. Quel gâchis !
J'ai impression qu’elle n'accepte pas que je refasse ma vie.
Pourquoi ?
Nous avons tous les deux, mon ex-femme et moi même un point commun sur lequel nous sommes d'accord : les enfants. Ils restent notre priorité, mais il est hors de question de perdre une deuxième fois la femme pour laquelle je donnerai ma vie sans hésitation.
Lou-Andréa, je t'ai fait confiance, j’ai tenu mes promesses et je me suis confié à toi en ouvrant mon cœur, ma vie, mes bons et mauvais côtés.
A toi d’être forte aujourd’hui et de tenir tes promesses pour sauvegarder notre Amour et notre nouvelle vie si tu tiens toujours à nous.
Le jour ou je t’ai rencontré ma vie à basculé, il a fallu que je fasse aussi des choix que je ne regrette pas, encore moins aujourd’hui.
Tu m’as redonné l’espoir de vouloir me battre, de construire, de faire des projets, aimer et de vivre tout simplement une belle histoire d’amour durable.
Concernant la tension que nous vivons depuis plusieurs mois suite à ces attaques, il en résulte des frais d'avocats des deux côtés, du stress pour nous et les enfants qui ne comprennent pas nos problèmes d'adultes.
Certaines personnes ont bien de l'argent à perdre et du stress à donner à tout le monde d’où mon ulcère à l’estomac…
Je pensais que les adultes pouvaient régler des différends entre personnes responsables. Il semble que ce soit difficile : on le voit bien dans la monde dans lequel nous vivons…
Je suis quelqu’un d’ouvert à la discussion, dans la calme et le resterai tant que les gens me respecteront.
Je peux comprendre que tu sois inquiète car nous sommes peut-être au regard de certaines personnes un couple "hors du commun" ; cela ne fait pas de nous des malades.
Lou-Andréa et moi même, n'avons jamais refusé de répondre aux questions de mon ex-femme, alors pourquoi cette attitude ?
Après de longues conversations, je t’ai demandée en mariage, en présence des enfants et tu as accepté ma demande ; nous avions même choisi nos alliances et fixé une date pour notre mariage que nous avons annoncé à nos amis.
Ne laisse pas la haine, ou les attaques de certaines personnes nous détruire et si tu n’es pas assez forte, je serai fort pour nous quatre.
Faisons l’Amour mais pas la guerre …
Je ne souhaite que ton bonheur et réaliser tous nos projets : nous avons tant à réaliser ensemble.
Le jour où je t’ai dit que je t’aimais, c’était pour la vie. Une relation d’un soir ne m’intéressait pas.
Entends cet appel comme un « Au secours ! « , Il vient directement du cœur.
Nous avons tellement traversé d’épreuves difficiles que nous avons le droit d’être heureux ensemble. Ton cœur à parfois du mal à s’exprimer librement, alors tu écris mais parfois tes mots son durs et j’ai l’impression que tu es en guerre avec toi même et le monde entier.
Tu as parfois des craintes, des doutes : arrêtons de ressasser un passé parfois douloureux, mon cœur est ouvert à tout échange sensé et serein de liberté tant que la fidélité et les sentiments sont là.
Fais parler ton cœur, ton amour, tes sentiments et non ta haine et ton désespoir sur la nature humaine, car aujourd’hui tu n’es pas seule contre tous, je suis là pour nous protéger.
Ce n’est pas en me quittant moi et mes enfants que tu seras plus heureuse.
Ne gâche pas encore une fois ton bonheur, ta vie, la mienne et celle de mes enfants !
Princesse, je t’ai offert mon cœur et plus encore.
L’amour c’est comme un trésor, mais beaucoup l’ignorent.
Il arrive que l’on aime une personne si fort, que l’on a envie de le dire au monde entier. Alors j’ai écrit cette lettre.
Quand cesserai-je de pleurer, toi qui dit que tu veux me quitter et qui me dis que tu m’aimes et que ce sera pour la vie…
Comme le dit aussi bien Jacques BREL : « Ne me quitte pas «.
Ton Nhom Nhom pour la vie.
21 mars 2009
Sursis.
C'est un samedi soir où je me sens d'humeur à la confidence. Une belle journée de printemps, mais cependant, mon esprit est à la morosité. J'écoute Dalida qui me dit qu'"On est une femme à 40 ans"... je viens d'en avoir 43 il y a quelques jours. Une femme fatiguée et usée par la vie et surtout par ces six derniers mois qui ont été pour moi et mon compagnon un véritable calvaire. Je remercie mes amies sur ce site -elles se reconnaîtront- qui ont été présentes, à chaques instants, même les plus difficiles.
Je vous livre donc toute l'histoire telle que je l'aie vécue et je vous dirai pourquoi, aujourd'hui, je peux vous exprimer, vous dire les choses et pourquoi je n'ai pas pu le faire auparavant.
J'ai beaucoup travaillé professionnellement pour accèder au grade supérieur, à celui de "chef de cabine"dans mon entreprise.
C'est la personne qui vous accueille à la porte de l'avion. A 43 ans, c'est un âge honorable pour accèder à ce status ! Hélàs, j'ai échoué à mon examen une fois de plus. L'hiver avait été lui aussi très long et très difficile : suspicion de cancer du côlon, six mois pour pouvoir passer une coloscopie et une fibroscopie (ah, les bonheurs de la grande banlieue) et puis le quotidien qu'il faut parfois subir, les hauts et les bas. Vous connaissez vous aussi non ?
Le 17 juin dernier, je devais m'envoler pour Vienne, et puis tout a basculé : "recalée" à mon examen. Après tant d'efforts, une carrière comme la mienne, j'ai très mal pris la chose. Je suis rentrée chez moi, et mon compagnon m'a retrouvée quelques heures plus tard, sans connaissance, devant ce même ordinateur d'où je suis en train de vous écrire aujourd'hui. J'ai été hopsitalisée deux jours : 7.6 de tension (hypotension). J'avais fait une "intoxication médicamenteuse" (j'avoue que ce Négroni et ce Motilium en sus de mon traitement hormonal n'ont pas fait bon ménage !). Bien vite, l'ex-femme de mon compagnon a pris ce prétexte pour m'évincer de la vie de son ex-mari et de ses deux enfants que j'élève aussi lorsqu'ils sont présents avec nous. Le couperet est tombé le 25 juillet au matin. Un huissier a sonné et nous a déposé une assignation en référé devant le juge aux affaires familiales du Tribunal de Grande Instance du département dans lequel je vis. La torpeur, une si belle journée, à prendre mon café en peignoir dans mon jardin. Ne connaissant pas encore la teneur de ce dossier, je m'étonne mais bien vite je comprends : Les premières pages reprennent les modalités de la garde partagée des enfants ; la pension alimentaire et tout le tralala.
Puis viennent ls accusations :
- Mer X a refait sa vie avec un transsexuel connu ;
- Il partage désormais sa vie avec Lou Andréa C. ;
- Depuis plusieurs mois, les enfants sont en grande souffrance et vivent très mal les périodes passées chez leur père ;
- Plus récemment, Lou Andréa C a même fait une tentative de suicide** devant les enfants, n'hésitant pas à prendre Fabrice* comme témoin, refusant même de le lâcher jusqu'à l'intervention des pompiers ;
- Mer X (...) semble soumis à l'insistance et aux desideratas de sa compagne et entend forcer les droits de visite et d'hébergement alors que les enfants sont en état de choc ;
(...)
Je vous fais grâce du reste : "relation étouffante ", "chantage affectif", "souffrance de Fabrice*", instabilité de l'autre enfant qui "accuse des retards de langage" et "parle très souvent de mort".
L'ex-femme demande donc "à ce que soient revus les droits de visite et d'hébergement dévolus à son ex-mari".
A la veillle des vacances, elle demande que ses enfants puissent partir en vacances avec leur père, "à la condition expresse que Lou Andréa C. ne soit pas présente au cours de ces vacances".
Viennent ensuite des pages et des pages de lettres de ses proches, des attestations de personnes que je n'aies jamais vues, des photos prises sur mon blog ou sur internet. Un dossier énorme, qui respire l'acharnement et la haine. Je suis effondrée. Pour le coup, ma tension en prend à nouveau un coup !
Le TGI rend son verdict le 03 juillet : Mme B. obtient auprès du juge des affaires familiales :
- une mesure d'expertise médico-psychologique des deux enfants et de leurs parents (biologiques, moi qui suit attaquée, je ne suis même pas concernée...)
- d'enjoindre à son ex-mari de "ne jamais laisser les enfants seuls à la garde de Lou Andréa C."
ELLE EST CEPENDANT DEBOUTEE DE SA DEMANDE DE SUSPENSION DU DROIT D'HEBERGEMENT DU PERE ; les droits de visite et d'hébergement sont maintenus pour le père et je peux même PARTIR EN VACANCES AVEC EUX.
Happy End ?
J'ai connu l'humiliation du TGI de Paris lorsque je m'y suis rendue lors de mon changement d'identité ; j'ai connu l'humiliation lorsque je me suis rendue à la Préfecture pour faire changer mes papiers ET JE M'ETAIS PROMISE DE NE JAMAIS PLUS ETRE HUMILIEE PAR QUI QUE CE SOIT !
Vous imaginez vous vivre dans une ville de grande banlieue, vous voire refuser l'accès à certains commerces de cette ville parce que le papa de Mme B. a un poste à responsabilités à la mairie et que la rumeur aidant, mon compagnon "m'aurait ramassée au Bois de Boulogne"... quand ce n'est pas lui qui est accusé de "faire le bois" occasionnellement...
J'aime cet homme plus que tout, j'ai quitté Paris, ma vie parisienne, fait des concessions sur ma vie professionnelle pour être le plus souvent auprès de lui ; j'ai accueilli ses enfants et fait le maximum pour qu'ils ne souffrent pas trop du divorce de leurs parents. Mme B. m'a accusée de vouloir lui prendre l'amour de ses enfants ; de faire d'eux un jour des "homosexuels ou pire encore, des gens comme moi" ( ah, cette conversation sur la terrace d'un café-la seule que nous ayions eûe- il y a trois ans, je ne suis pas prête de l'oublier). Je me suis vue traîtée comme une moins que rien en étalant sur la place publique la fleur de mon secret. Et je vous dépasse certains détails sordides qu'elle a sortis d'on ne sais où sur sa vie sexuelle avec son ex-mari.
Je ne pouvais plus vous écrire parce que toutes mes interventions quelles qu'elles soient ont été rapportées en pièces jointes sur l'assignation en référé devant le juge aux affaires familiales du TGI. Car, pour Mme B., pour ses proches nous sommes toutes des malades, des perverses et nous sommes de nature à perturber la bonne éducation des enfants qui nous seraient éventuellement confiés. NON, JE NE SERAI JAMAIS MAMAM PARCE QUE BIOLOGIQUEMENT PARLANT JE N'EN SUIS PAS CAPABLE, mais tout ce que je sais c'est tout cet amour et cette tendresse que j'ai donnés à Fabrice* et à son frère durant ces trois années. Trois années où elle s'est imiscée dans notre couple, a craché son venin chaque fois qu'elle le pouvait, jeté le doute sur mon intègrité de femme.
Oui, l'hiver fût long et rude. Nous avons attendu une première convocation auprès du psychiatre désigné pour l'expertise médico-psychiatrique. Décembre, janvier, février, mars... 04 mois d'attente. Evidemment, ce n'est pas une affaire "urgente", les enfants ne sont ni battus, ni maltraités et vivent dans un environnement propice à leur épanouissement somme toute plus que convenable avec tout ce qu'un enfant peut espèrer à cet âge en terme d'amour, d'attention et d'éducation pour un avenir serein qui les préservera du besoin.
Dernièrement, le plus petit, Olivier* m'a dit de sa petite voix d'enfant de sept ans : "tu sais, c'est pas le docteur qui va décider si tu restes ou pas, c'est le juge". Comment un enfant en CE1 peut-il tenir de tels propos s'ils ne lui ont pas été suggérés ?
Le 09 avril prochain, le psychiatre oeuvrera et rendra son rapport (quand ?) auprès du Tribunal des Affaires Familiales. Je ne suis pas conviée aux festivités alors que je suis la principale intéressée puisqu'en fonction de son verdict -(je vous rappelle que la mère biologique remet en cause la garde alternée du père, ma présence, à mon propre domicile lorsque les enfants rendent visite à leur père et la possibilité de rester seule en leur compagnie lorsque leur père est absent)- je devrais quitter le domicile lorsque le père aura la garde de ses enfants ; idem lorsqu'il les aura durant les vacances. Et je fais quoi ? Je vais à l'hôtel, je fais place nette. On me met hors de ma maison, comme un pion que l'on déplace sur un échiquier. Un jeu d'échecs certainement !
Ma vie a commencée il y a huit ans. J'ai le droit au bonheur et je ne laisserai jamais rien ni personne me laisser prendre ma part du gâteau. Tout avait tellement bien commencé... nous n'étions que nous deux, mais il n'y avait semble t'il pas de place pour une deuxième femme dans la vie de ces enfants et de leur papa. J'ai mal pour ces deux petits garçons qui vont devoir convaincre, avec leurs mots -ou ceux qu'on aura bien voulu leur faire dire- qui est le gentil et qui est la méchante.
A quelques jours de cette nouvelle "expérience" que je considère de traumatisante et dérangeante, je me demande si j'ai trouvé ma place dans cette famille ? Mon compagnon est un homme admirable et il l'a prouvé en m'accompagnant sur le plateau de Cauet l'hiver dernier ; mais jusqu'à quel point puis-je accepter l'humiliation ? Qu'adviendra t'il lorsque les enfants découvriront la réalité de mon sexe biologique ? (grand sujet de débat pour la mère biologique qui prend la chose TRES au sérieux et se prépare à cette éventualité depuis longtemps déjà !).
Mère, je ne le serai jamais ; belle-mère, je l'ai souhaité plus que tout et j'ai donné beaucoup car ce n'est pas chose facile que de se faire accepter dans une famille après un divorce douloureux. Mais je pense y être arrivée. Fabrice* et Olivier* sont aimants et affectueux et me disent que je suis une "belle-mère rigolotte". Mais il est aussi de mon devoir de ne pas leur faire subir cette traumatisante expérience de l'expertise psychiatrique que leur mère veut leur infliger le 09 avril prochain. J'ai connu les affres des expertises psychiatriques lorsque mes deux familles, paternelles et maternelles se disputaient ma garde à la mort de mes parents. Je sais les dommages que la psychiatrie peut causer à cet âge, et plus tard encore lorsque j'ai changé d'identité !
Mes "petits sushis" (c'est comme cela que je les appelle) ne méritent pas cela. Ils méritent de grandir dans la sérénité, et non dans la haine.
Aujourd'hui, je ne baisse pas les bras, juste le rideau sur notre belle histoire. Mon compagnon et moi-même n'avons plus en commun que les maux quotidiens. Ne s'est elle pas vantée de nous mener la vie dure jusqu'à la majorité des enfants ? Non, c'est fini, finie la comédie. On était pourtant bien partis, éternité garantie et devant nous la route était longue, pas de sens interdit.
Elle a fait de nous deux étrangers qui ne partagent que le quotidien. Elle était pourtant belle notre vie, avec nos cinq chats et notre toutou. J'aimais faire de la balançoire avec Fabrice* et Olivier* et patauger dans la piscine...
C'est une nouvelle vie qui commence. Je refuse de considérer ces trois années comme un échec. Ce fût merveilleux, vraiment.
"Le transsexuel connu" tire sa révérence. Fini le spectacle Mme B. Réjouissez-vous d'enlever à vos deux enfants "une belle-mère rigolotte" et souhaitons leur de trouver une autre belle-mère (et un autre beau-père de votre côté) qui leur apportera amour, chaleur et attention comme je me suis éfforcée de le faire depuis trois ans.
Il n'y avait rien à perdre, mais tout à gagner. Une famille reconstituée heureuse et soudée. Quel gâchis !
"Le transsexuel connu" revendique son droit au bonheur, et je vais y contribuer sans jamais me résigner, jamais.
Et le rideau tombe...
* le prénom des enfants a été changé.
** le psychiatre qui m'a accusée de tentative de suicide a été poursuivi auprès de l'Ordre des Médecins. Il a reconnu ses propos outrageux à mon égard en ces termes : "confusion et erreur malheureuse dans le compte-rendu hospitalier". Le Conseil Départemental de l'Ordre des Médeccins a donc considéré ce dossier comme clos le 16 décembre 2008.
10 mars 2009
A toutes celles qui sont parties...
... et qui ne reviendront plus.
Je dédie ce texte, écrit par mon amie Pascale, à toutes celles qui dernièrement ont mis fin à leurs jours. Pas seulement parce qu'elle leur était devenue insupportable, mais surtout parce qu'on la leur avait rendue invivable.
"Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Laissez-moi partir
Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté !
Je vous remercie pour l'amour que chacun m'a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur ! Je ne suis pas loin et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre coeur, vous sentirez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort."
Nota : en l'espace d'un mois, trois de mes soeurs ont mis fin à leurs jours. Qu'elles reposent en paix,enfin.
09 mars 2009
Existence...

"Dans le noir,
attachée par d'obscure lien,
tissés par autruis.
Je regarde la Lune
et je Rêve
Je Rêve de Liberté,
je Rêve de Vie,
Je Rêve de Reconnaissance.
Tout ce que je veux, c'est d'être Vue,
de pouvoir, moi aussi, Vivre au Soleil.
Attachée, prisonnière du Noir
et de l'Oubli.
Je ne suis qu'un fantôme
Qui ne peut rester là à regarder
toutes ces soeurs qui marchent dans la Lumière
qui rient et chantent sous la pluie.
Ô ! Vous qui dansez la danse des Dieux,
pourquoi ne puis-je être délivrée de mes chaines ?
Prisonnière de l'Oublie,
je pleure et je crie,
mais personne ne me voit,
personne ne m'entend.
Pourtant elles sont là, a danser,
devant moi...
Et je tends la main, tentant de les Toucher
de me faire voire d'Exister.
Je ne suis qu'un fantôme, prisonnière de la Nuit de l'Oubli
Loin de la Vue,
Loin du Coeur,
Loin de mes Soeurs.
Ô ! Passant...
Si seulement,
si seulement vous pouviez me Voire,
me reconnaitre...
Je reste dans la Sombre Nuit de l'Oubli,
a Pleurer et Rêve en regardant la Lune et le Soleil,
de pouvoir, moi aussi, Chanter et Danser sous la Pluie avec vous.
De pouvoir, moi aussi.....Exister !"
Ce magnifique poème m'a été adressé par un/e inconnu/e. Je le trouve magnifique. Alors je vous en fais profiter. Je suis certaine qu'il vous touchera autant que moi.
24 février 2009
"Moi, Morgane pas malade mais transsexuelle".
Et voilà que je me suis remise à l'écriture. Cela ravira ceux et celles qui me suivent depuis "Carnet de Bord" et agacera probablement celles et ceux qui aimeraient une fois pour toute ne plus entendre parler de moi ! Grand bien leur fasse...
Je re-commence "petit", par la préface du livre de mon amie de coeur et de plume, Sacha Love. "Moi, Morgane pas malade mais transsexuelle...".
J'ai rencontré Sacha Love sur le dernier plateau télé que j'ai fait en 2008, la Méthode Cauet (bon, j'aurais préféré une autre émission avec MOF ou Dechavanne, mais je n'avais pas d'actualité). Nous étions venues parler toutes les deux de nos "deux vies". La mienne, vous la connaissez, la sienne n'a rien à voir avec la transsexualité. Sacha était une femme d'affaire, chef d'entreprise et, du jour au lendemain, elle s'est retrouvée "call girl". Elle raconte cela avec beaucoup "d'humour" (si tant est que la prostitution occasionnelle puisse être "drôle") dans un précédent livre, "Escort Girl - Le récit d'une double vie" paru en 2006 aux Editions Alban.
Nous nous étions déjà croisées sur un autre tournage, mais cette fois, c'est dans ma loge, entre le coiffeur et la maquilleuse que nous avons fait un peu plus connaissance. Elle m'a racontée sa vie, "on a ri, on a pleuré" serai-je tentée de dire, comme dans la chanson de la "Serveuse Automate" de Starmania. Bref, une Amitié toute nouvelle et une passion en commun, l'écriture. Il fallait cultiver cette nouvelle Amitié entre Paris et Montpellier où elle réside. Mais ce soir là, elle a souhaité me parler plus particulièrement de Morgane ; une jeune fille avec laquelle elle s'était prise d'amitié. Morgane, c'était mon double, mais son histoire était bien plus troublante et grave que la mienne, car non seulement elle devait gérer sa transformation, mais aussi son éducation musulmane. Sacha était alors en pleine écriture. Elle me fit part que pour Morgane j'étais un "modèle". J'ai été doublement flattée lorsqu'elle m'a demandée d'écrire la préface de l'histoire de Morgane. Lorsque j'ai lu le manuscrit, j'ai pleuré. Avec elle, pour elle. Mon histoire me paraîssait tellement "insipide" comparée à ce que vivait Morgane qui n'avait d'autre possibilité que la prostitution pour payer ce dont elle rêvait : être ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même, une femme dans le devenir.
Nous n'avons échangé qu'un courriel Morgane et moi ; je ne voulais pas la déranger, m'immiscer dans sa vie, mais Sacha me fit part, plus tard, que Morgane avait vécu cela comme un évènement extraordinaire ! J'aurais tellement aimé faire plus, la sortir de cet univers, lui offrir une vie meilleure et plus "normale" ; mais où se situe la normalité lorsque l'on a rien ? C'est en "Beauté du Nil" qu'elle sur son site, et c'est vrai qu'elle est jolie Morgane ! Pour avoir été bénévole au P.A.S.T.T., pour avoir été en contact avec celles que l'on appelle "les travailleuses du sexe", j'ai peur pour elle. Peur qu'elle se perde dans la facilité de l'argent vite gagné, peur qu'elle se perde tout simplement dans cet univers superficiel parfois dangereux, peur tout simplement qu'un jour elle se penche sur son passé et que des blessures qui ne seront jamais réellement guéries s'ouvrent de nouveau. Car elle est jeune, Morgane. Je l'envie pour cela. J'ai été opérée à 35 ans. Que de temps perdu. Dans quelques jours j'aurais 43 ans et il n'y a que 8 ans que je suis ce que j'ai toujours voulu être. Ma vie de femme aura commencé bien tard, certainement mois difficilement que celle de Morgane. N'y voyez aucune culpabilité. Le parcours de chaque personne transgenre est si différent d'une personne à l'autre. Mais, si l'on m'en donnait le choix, disons que 25 ans aurait été un bel âge pour entreprendre ce que j'ai entrepris à...35 ans ! Le peu que je vivrai de cette nouvelle vie, je le vivrai avec ardeur, à une vitesse folle parce que je ne veux pas en manquer une minute !
Je dois avouer que le fait d'écrire cette préface m'a redonné l'envie de me remettre à l'écriture. J'ai commencé un manuscrit il y a deux ans, "Le voiturier du Georges" (le célèbre restaurant du Centre Pompidou). J'ai bien avancé, fidèle à moi-même, beaucoup de pages ont été écrites entre Paris, Los Angeles, le sud de l'Italie et Mykonos. Je dois vous confier que la vie n'a pas été tendre avec moi depuis le mois de juin dernier. Je ne peux rien vous dire pour le moment, mais c'est promis, je vous en ferai part ultérieurement. J'ai trouvé refuge dans l'écriture, de ce blog, de ma page sur FaceBook et lors de l'écriture de la préface du livre en référence ci-dessus. Je dois poursuivre mon manuscrit et vous le livrer au plus vite. Cela n'aura rien à voir avec la transsexualité. C'est une fiction (quoique...). Mon précédent éditeur, Michel Lafon m'a rendu l'intégralité de mes droits sur le "Carnet de Bord" (y compris les droits d'adaptation audiovisuelle). Vous pourrez trouver "Carnet de Bord" prochainement en téléchargement sur internet. Pour l'heure, je vais me remettre à l'écriture et oublier que la vie en ce moment n'est pas ce que j'en attendais (lire ci-dessus).
Alors je vous invite donc à vous procurer le dernier livre de mon amie Sacha Love à sa parution, soit en octobre prochain, "Moi, Morgane pas malade mais transsexuelle". Je pense que nous nous offrifons le luxe d'une dédicace "Aux Mots A La Bouche" la librairie LGBT, rue Ste Croix de la Bretonnerie à Paris IVè arr ou chez "Violette and Co" comme l'a fait mon ami Axel lors de la sortie de son autobiographie. Vous y serez toutes et tous les bienvenus/es et je ne manquerai pas de vous faire part de la date de cet évènement dès que Sacha, Morgane et moi-même aurons une date.
29 janvier 2009
Bienséance.
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| Synonymes |
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| Bienséance : 11 synonymes. |
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Synonymes correction, courtoisie, décence, décorum, éducation, étiquette, politesse, protocole, savoir-vivre, tact, tenue. Le monde est-il en passe de devenir fou, en plein milieu de ce que l'on nomme "crise", quelle qu'elle soit, sociale, économique, météorologique... logique ? Plus je cotoie le genre humain et plus j'ai envie de m'en éloigner. Il y a les gens "civilisés ; ceux qui le sont moins, peut-être ont ils une bonne raison de l'être ? Viennent-ils d'un pays "sous-développé", on leur pardonne ; d'un pays "émergent", on le leur pardonne moins... La bienséance, la courtoisie, la correction, l'éducation, la politesse, le savoir-vivre, la tenue, ça se dit comment en Russie ? dans certains pays "émergents" de l'est ? Sans aller si loin, à Paris, en bon "françois" ? Je "navigue" entre ciel et terre depuis bientôt plus de quinze ans. Faites le calcul, un Airbus 321, 212 sièges, 4 vols dans la journée, 4 voire 5 fois par semaine, ça fait combien de passagers si l'Airbus est plein sur chaque tronçon ; le tout multiplié par 365 jours (moins 48 jours de congés), sur 15 ans... ça fait beaucoup ! Beaucoup de gens civilisés, courtois, polis, qui ont du savoir-vivre et savent se tenir. Mais, il y a toujours le 1% qui déroge à la règle et ce 1%, en plein ciel, avec les 211 autres passagers, ça peut faire des ravages ! Nos nerfs sont souvent mis à rude épreuve, justement par ce manque de courtoisie, de bienséance. Prenez ce "môssieurs", le portable collé à l'oreille et la carte d'embarquement entre les dents, qui vous la tend comme la girafe tendrait son cou... avec le filet de salive en plus. On rajoute qu'il est 7h05 du matin, que vous êtes levé depuis 4h00, sorti du lit, café, douche et hop, dans l'Airbus, et hop, 212 clients et..."môssieur 1%" déjà, ça coince. Mais il faut garder le sourire, le client, il faut le fidéliser ! Tiens, en voilà un autre. Il se pose devant vous : "Veuillez mettre ma valise dans le coffre". Ah mais cher "môssieurs", si elle est arrivée jusqu'à mes pieds, elle peut bien aller jusque dans le coffre à bagage. Et puis je suis une femme. La bienséance voudrait que vous mettiez de vous même le bagage dans le coffre, cher "môssieur"...Cela me rappelle une anecdote très drôle sur un vol Paris-Nice en plein hiver. Monte une femme faussement chic, dédaigneuse. Elle laisse glisser son manteau de fourrure sur le sol et claque des doigts le stewards : "Mettez-moi mon manteau dans le coffre, voulez-vous" dit-elle. Le steward regarde négligement le manteau sur le sol, le pousse du pied et répond à la dame : "Dommage, on lui a coupé les pattes, sinon il y serait monté tout seul dans le coffre". De rage, elle a ramassé son manteau (combien d'animaux avait-on sacrifié au nom de la mode ?) et l'a jeté dans le coffre à bagage. Lorsque j'étais jeune hôtesse, ces personnes me terrorisaient, vraiment. Il m'est arrivé d'en vomir dans les toilettes ou de me déclencher des diarrhées monumentales. Après tant d'années, cela m'amuse. Je reste stoïque, je les laisse "vomir leur dégueuli verbial" comme le dit une collègue, et je tourne les talons. Le bagage va très vite dans le coffre à bagage lorsque je leur propose gentillement, avec le sourire qui va bien, de mettre celui-ci dans la soute... Par coeur, je les connais par coeur ! Dans la vie courante, c'est la même chose. La caisse "prioritaire" au supermarché : faites l'essai d'arriver enceinte jusqu'au fond des yeux, de passer devant tout le monde. Vous allez vous faire insulter, injurier ; après tout, c'est vous qui l'avez souhaité cet enfant, alors il faut l'assumer, à la queue, comme tout le monde. Elle sert à quoi la caisse "prioritaire" ? Mon plus grand plaisir : prendre ma voiture pour rentrer à la maison après avoir subi les caprices de ces personnes discourtoises dont on se demande de quelle manière elles ont été élevées, si tant est qu'elles ne l'aient jamais été ! Je laisse tout cela derrière moi jusqu'à la prochaine fois. Je pense que quelqu'un devrait écrire un livre, style Nadine de Rotschild : "Le guide du savoir-vivre en avion", ça marcherait du tonnerre ! L'été dernier, pour revenir de Mykonos, j'ai pris un vol "charter", très charter, croyez-moi. Le magazine de bord comportait une page concernant la sécurité à bord : le feu, les appareils électroniques, les consignes etc... et "Les petits cochons". Je cite : "Vous ne nous croirez jamais !, Pourtant, nous vous l'assurons, certains de nos passagers sont de véritables petits cochons qui n'hésitent pas à jeter par terre leurs détritus, à coller sous leurs sièges leurs chewing-gums...Bien-sûr il ne s'agit pas de vous ! Aussi nos vous serions très reconnaissants d'expliquer à votre voisin qui n'est peut-être pas aussi bien élevé que vous, qu'il a à sa disposition devant lui, dans la pochette du siège, un petit sac en papier destiné à recueillir les petites choses dont il veut se débarrasser. Il lui suffit ensuite de le confier à une hôtesse ou a un steward qui lui en donnera un autre." Un autre encart concerne justement la "courtoisie" et rappelle que les coffres à bagages a été calculé pour un bagage ne dépassant pas 5kg par personne et que celui-ci doit faire environ 55x40x20cm = 115cm. Bien souvent, hélas, force est de constater qu'un coffre a bagage est réquisitionné par les effets d'une seule et même personne, quand ce n'est pas le "môssieurs" du fin-fond de la classe économique qui a laissé son bagage en entrant dans le coffre du siège 1A en Business : tellement pratique. La cerise sur le gâteau : AVERTISSEMENT : "ces dispositions ont été élaborées pour préserver votre sécurité. Bien que le personnel de bord soit à votre disposition pour vous permettre de voyager agréablement, il demeure chargé de faire appliquer srictement les consignes, faute de quoi le commandant de bord et son équipage devront prendre toutes les mesures, y compris le déroutement, pour veiller à ce qu'elles soient respectées. A titre d'information, ,nous vous rappelons les dispositions de l'article 223-1 du nouveau Code Pénal : "Le fait d'exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entrainer une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 Euros d'amende". C'est bien amené, non ? Cela m'atriste cependant d'être obligé d'en arriver là. La courtoisie, la bienséance, la correction, la courtoisie, la politesse, le savoir-vivre seraient-ils en voie de disparition ? Et si tout simplement ces mots laissaient place à un autre, un seul, qui résumerait la situation ; un mot comme "médiocrité" par exemple... |
14 janvier 2009
Hélène Hazera nous parle.

Parcours
Mardi 13 Janvier 2009
Les trans et l’emploi – contre les stéréotypes
Le pire, pour une population, c’est de n’entrer dans aucune
statistique.
La Halde commence à peine à travailler sur les
discriminations à l'encontre des transexuels. Que faire pour leur
permettre un meilleur accès au monde du travail ? Le témoignage
exclusif d'Hélène Hazera, aujourd'hui productrice à France Culture.
Hélène Hazera - Radio France, Bruno Sabastia
Par Hélène Hazera - animatrice de la commission trans d'act up Paris, productrice à France culture
Après un démarrage difficile (prostitution, etc.), j'ai été vingt ans
journaliste à Libération, je suis aujourd'hui productrice à France
Culture. J'ai la chance de travailler dans un milieu ouvert où je ne
suis discriminée ni en tant que trans ni en tant que séropositive
(vais-je faire un plat pour des petits sourires en coin de collègues?).
Mon modèle, au début de ma transition, quand je me débattais dans des
difficultés inimaginables en vivant d’expédient, c’était Marie Pierre
Pruvost qui a raconté dans sa biographie ["Marie parce que c'est
jolie"] comment elle est passée de star de cabaret à professeure de
lettres (avec l'angoisse qu'on la reconnaisse].
Parmi mes amies proches, j’ai une décoratrice réputée, une
sémioticienne, une psychanalyste, une avocate, une spécialiste de
l’image de synthèse, sans parler des as de l’informatique (à la City de
Londres, on s’arrache les trans informaticiennes)… Et des hommes trans
généralement bien intégrés. Comme souvent chez les minorités, il y a
aussi une nette tendance artistique, des peintres, des photographes,
même si quand on fait des expos sur le genre on montre les trans, pas
leurs œuvres.
S’intégrer, c’est possible, mais que faire pour les exclus à commencer
par les trans qui se réalisent à l’adolescence et n’arrivent plus à
suivre leurs études ?
Que faire pour les jeunes trans éjectés par leur famille qu’on retrouve
sur le pavé des grandes villes, face à toutes sortes de dangers? Que
faire pour les personnes que leur transition vient de jeter dans la
marginalité? Que faire pour les trans réfugiées d'Amérique du Sud ou du
Maghreb?
J’aimerai bien qu’un organisme prenne ce problème à bras le corps : une
personne qui a vécu cette histoire a quelque chose à apporter à la
société.
Aux USA, j’ai rencontré dans une soirée artistique une figure
étonnante: "Vaginal Davis" - elle se faisait appeler ainsi, était très
grande, noire, exubérante, habillée d’un tailleur violemment violet.
Par le biais de "l’affirmative action" (qu’en France on traduit
improprement pas "discrimination positive"), elle avait été engagée
comme secrétaire à UCLA, l’Université de Los Angeles.
Sans l’Affirmative Action - qui l’aurait engagé comme secrétaire? Ils
étaient très contents de ses services. Ce qu’ils ne savaient pas c’est
que Vaginal Davis éditait un petit journal ronéotypé où elle racontait
sa vie et très apprécié dans le Los Angeles "arty". Elle était l'amie
de beaucoup d’artistes et en sus de son travail de secrétaire, jouait
l’animatrice culturelle sauvage en organisant des sessions où elle
présentait ses amis artistes aux étudiants...
Personnellement, si j’ai connu des cas manifestes de discrimination
dans ma jeunesse, je n’ai pas eu besoin de l’Affirmative action pour
entrer dans le journalisme (c’est l’amitié qui a joué). Mais, devant
les difficultés que rencontrent d’autres trans, ça ne me dérangerait
pas que pour une fois des mesures les favorisent.
Combien y a-t-il de personnes trans en France ?
Le pire, pour une population, c’est de n’entrer dans aucune statistique. Il n’existe pas de statistique des personnes trans’ en France. Le terme inclus les transsexuels désirants ou étant passés par une opération de ré-assignement sexuel – ce que la presse appelle « changement de sexe » - et les « transgenres » vivants en permanence sous une identité opposée à leur sexe biologique sans être passée par l’opération. On parle toujours au féminin d’une transsexuelle ou d’une transgenre vivant au féminin, au masculin d’un transsexuel ou d’un homme transgenre se vivant au masculin.
La seule statistique de l’Etat, c’est celle des personnes trans passées par l’opération et ayant demandées un changement de sexe légal. C’est automatique (après un jugement et des expertises dénoncés par les associations) depuis qu’en 1994 la France a été condamnée à ce sujet par la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Cinq mille personnes environ ont vue leur statut juridique passer de femme à homme et d’homme à femme.
Pour les transgenres, rien. Pas un chiffre sur cette population, qu’à partir de mon expérience propre (j’ai 56 ans, je vis en femme depuis plus de trente cinq ans), je chiffre à 50.000… Pas de chiffres sur cette population, et beaucoup de clichés, de stéréotypes, le plus souvent discriminants.
Invitée sur le plateau de Pink TV par Monsieur Fogiel en tant
qu’animatrice de la commission trans d’Act Up Paris , une demi-heure
avant l’émission un de ses assistants est venu me dire : « M. Fogiel
veut surtout vous parler de la prostitution ».
J’ai protesté : ce n’était pas le but de mon intervention. A l’antenne,
M. Fogiel m’a asséné que la majorité des trans en France se
prostituaient, sans fournir la moindre étude pour corroborer ses dires
(qui déjà excluaient les hommes trans, très rares sont ceux qui se
prostituent).
Quelques mois après sortait une petite étude, Personnes trans’ et mode
de vie en France rédigée par Mme Kayigan d’Almaida, interne en Santé
publique pour le CRIPS –CIRDO Ile-de-France à l’occasion d’une journée
de rencontre « personnes trans’ quels enjeux de santé ? ».
Une étude légèrement biaisée car s’appuyant sur un questionnaire lancé
par le CRIPS sur internet, donc à destination d’une population
non-précaire.
« Sur un échantillon de 179 personnes, la moyenne d’âge est de 39,6 ans (…) Pour la situation sociale et le mode de vie des personnes enquêtées, certains résultats sont comparés avec ceux obtenus dans la même classe d’âge en population générale par l’enquête décennale Santé 2005.(…) Les personnes enquêtées ont un niveau d’études plus élevé que ce qui est observé chez les individus de la même classe d’âge en population générale. En effet, près de 55% des participants ont un niveau diplôme universitaire ou équivalent contre 24% en population générale (…). Pour l’activité professionnelle, 70% des personnes enquêtées ont une activité professionnelle. Celle-ci est variée, allant des domaines de l’informatique à ceux de l’art en passant par la fonction publique. »
On est très loin des clichés discriminants asséné par Mr Fogiel.
Mais Mme Kayigan y relève quand même : « On note cependant un taux de
chômage de 16,2% et 13,4% des participants touchent le RMI, soit un
taux de précarité plus élevé que ce que l’on observe en population
générale. » . Cette étude, la première réalisée en France sur cette
population, aborde aussi les discriminations, telles que perçues par
les personnes intéressées : « Ainsi, 21% des participants déclarent que
leur trans-identité leur a fait arrêter leur scolarité, 18% disent ne
pas pouvoir exercer leur profession parce qu’ils sont trans (…). Au
total, 49% des participants ont subi - ou ont renoncé à un droit de
peur de subir - une discrimination à cause de leur trans identité ».
Pour préparer une journée d’étude pour le CRIPS, où je devais
intervenir pour Act Up Paris sur l’impact du Sida chez les trans, j’ai
fait des recherches dans sa riche bibliothèque, Tour Maine Montparnasse.
Toutes les études que j’ai trouvées portaient sur une population
spécifique : les femmes trans prostituées, le plus souvent migrantes.
Aux stéréotypes des médias peuvent répondre les stéréotypes des
chercheurs : même s’il y a une réalité spécifique du Sida chez les
trans prostituées - n’y a-t-il pas un travers du chercheur d’aller
toujours vers le plus « exotique » ? De s’éloigner de la personne qui
sera le plus proche de lui, par sa culture et sa vie sociale ? (Je
pense qu’on va retrouver ce travers dans leur approche d’autres
communautés).
L’étude de Kayigan d’Almaida ne m’a pas étonnée, et m’a confortée dans mes impressions : outre qu’on oublie que les hommes trans n’ont pas recours au travail du sexe car ils sont mieux intégrés que les femmes trans. En France, aujourd’hui, la majorité des femmes trans sont sur le marché du travail. Et chez les trans qui se prostituent, la majorité n’a pas suivi son cursus scolaire en France, et provient de pays violemment transphobes où une trans n’a accès à aucune profession, où une trans n’imagine même pas qu’elle puisse faire autre chose que le cabaret où le travail du sexe.
Il est curieux qu’on ne puisse pas toujours se faire entendre sur ce point dans les ministères : regrettent-ils qu’en 30 ans les mœurs en France aient fait un tel chemin ? Regrettent-il qu’aujourd’hui il y ait des étudiantes et des étudiants trans dans les collèges et les universités ? Regrettent-ils que les trans se retrouvent sur le marché du travail ? Même si celles et ceux des transsexuels qui ont obtenus leur changement de papiers sont favorisés en face des transgenres, stigmatisés à jamais par leur numéro de Sécurité Sociale inamovible (en Espagne – et dans d’autres pays - une loi a donné aux Trans des papiers correspondant à leur vie sociale, opération ou non).
En France, à ma connaissance il n'existe qu'une structure essayant
d'améliorer la situation des trans dans les entreprises : ÊGO (Être
Genre Orientation - 5 rue Millon 69 100 Villeurbanne) qui offre des
formations pour sensibiliser des professionnels aux discriminations sur
l'orientation sexuelle et l'identité de genre.
Elle est notamment animée par Natacha Taurisson, enseignante et
syndicaliste, ancienne présidente de
l 'ASB, la doyenne des association
trans en France:
« Nous travaillons notamment beaucoup avec la DASES de Paris, qui par
exemple, nous envoie des assistants sociaux, scolaires, hospitaliers ou
éducateurs spécialisés. Nous organisons des stages en deux fois deux
jours, avec des méthodes interactives comme « je vois, j'imagine, je
ressens », qui permet de faire prendre conscience au stagiaire de la
différence entre ses préjugés, ses représentations et la réalité de
l'homosexualité ou de la trans identité.
Au bout de quatre jours, les participants à la session de formation
sont enchantés, professionnellement et individuellement. On leur a
appris à écouter et prendre en compte les revendications des personnes
en face d'eux, pour les trans ça commence en les appelant par leur
nouveau genre et prénom, même s'il ne figure pas sur leurs papiers.
En fait, c'est souvent plus facile pour les fonctionnaires que dans les
structures privées. Un fonctionnaire bénéficie de toutes sortes de lois
qui le protègent.
A l'Education nationale, une dizaine d'abus nous ont été signalés, que
nous avons pu généralement régler. Seuls nous ont été signalés les cas
litigieux, il y a sûrement d'autres trans dans cette administration
pour qui tout se passe bien. Les plus gros problèmes se sont passés
dans l'enseignement privé, souvent confessionnel, où la hiérarchie est
plus pesante.
Les discriminations au travail se traduisent par exemple avec les problèmes de tenues professionnelles sexuées (NDLR : récemment, dans le Nord, une élève infirmière a dû batailler avec les associations LGBT pour obtenir de venir dans son genre d'adoption à l'hôpital).
Le port du badge peut porter problème si la personne n'a pas ses prénoms en conformité avec son apparence physique. Il y a eu des problèmes avec l'accès aux vestiaires, aux douches. Que faire pour permettre aux trans un meilleur accès au monde du travail ?
La Halde commence à peine à travailler sur l'identité de genre. Elle a récemment permis à une personne d'effectuer sa transition sur son lieu de travail, c'est une victoire importante. Mais la Halde ne conçoit pas d'intégrer en tant que telles les discriminations de genre...
Hélène Hazera
Bienséance, nom féminin






